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Le Lionbot de la Région Nouvelle-Aquitaine

vue générale de la ville d'Uzerche
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Revitaliser les centres-bourgs et centres-villes

Dès 2019, la Région s’est engagée dans un vaste dispositif d’aide à la revitalisation des centres-bourgs et centres-villes. 36 communes sont aujourd'hui accompagnées dans leurs démarches.

Publié le lundi 28 novembre 2022
  • #Économie territoriale
  • #Politique contractuelle
  • #Politique de la ville

La dévitalisation des centres villes et centres-bourgs, aujourd’hui clairement perçue, est devenue particulièrement manifeste avec la question commerciale. Entre 2001 et 2014, à l’échelle nationale, la vacance commerciale des centres villes est passée de 6,1% à 10,4%. Ces chiffres nationaux cachent de profondes disparités mais ce sont globalement les centres des bourgs et petites villes qui souffrent le plus.

Un objectif politique

C’est pourquoi la revitalisation des centres villes et centres- bourgs constitue un axe majeur d’intervention des politiques régionales territoriales. Elle a été réaffirmée dans les objectifs de la nouvelle mandature.

Pour l’exécutif régional, "la présence, le développement et le maintien de centres villes et centres bourgs dynamiques est un gage de qualité de vie, de cohésion sociale et de développement économique." Ces centres dynamiques constituent des pôles essentiels à l’attractivité de leur territoire et, plus globalement, à l’équilibre territorial régional.

Les objectifs des politiques de revitalisation sont complémentaires des autres politiques régionales qui visent à renforcer l’action en faveur des centres (habitat, transition énergétique, stratégie foncière …).

La Région soutient les collectivités engagées pour favoriser l’émergence et la mise en œuvre de projets globaux de revitalisation de centres dévitalisés à travers :

  • La mise en œuvre de moyens spécifiques (ingénierie, actions stratégiques sur îlots dégradés, action de développement commercial…) ;
  • L’adaptation et la mobilisation coordonnée des politiques sectorielles concernées ;
  • L’établissement de partenariats favorisant l’action multisectorielle dans les territoires (bailleurs sociaux, CDC/Banque des territoires, collectivités…).

Une déprise aux multiples explications

Une première explication de la dévitalisation des centres peut résider dans le fait que ces collectivités sont souvent en dehors des grands flux de développement économique, de transport ou encore d’une "vitalité économique de dimension métropolitaine". Mais il faut ajouter d’autres facteurs. Les centres commerciaux de périphérie ont transformé nos modes de vie et ces derniers continuent de se multiplier. Les dépenses des ménages sont aujourd’hui effectuées à 70% dans ces zones. Les commerces indépendants sont les premières victimes de cette concurrence et le développement du e-commerce renforce cette tension.

On peut ajouter la problématique des logements que peut offrir un centre ancien, fréquemment en inadéquation avec la demande et les attentes contemporaines Nombre de ménages d’actifs avec enfants préfèrent l’attrait du modèle pavillonnaire périphérique. Les personnes âgées ou les publics jeunes en recherche d’une offre habitat de qualité incluant des services, ne trouvent pas de réponses adaptées. La réorganisation des services publics et la croissance des mobilités quotidiennes qu’autorise la voiture, favorise la dilution des fonctions de services souvent au profit des périphéries vis à vis du centre.

L’ensemble de ces évolutions (commerciales, habitat, services, mobilité…) sont cumulatives et contribuent à entraîner les centres dans une spirale négative.

Carte de Nouvelle-Aquitaine des villes ayant répondu à l'AMI revitalisation
Carte des villes retenues à l'AMI revitalisation

Une action publique volontaire pour changer

En ayant à l’esprit que les évolutions dans les modes de vie et de consommation, les mutations de l’économie produisent des changements profonds dans le rapport à l’espace, il s’agit donc bien de recréer, maintenir ou développer une centralité adaptée en fonction de chaque contexte et situation locale. Un certain nombre d’exemples montre qu’une action publique volontaire, continue et articulée entre les différents niveaux d’action territoriale est susceptible d’inverser le cours des choses.

Cela passe par une action complète et combinée sur tous les leviers susceptibles de dynamiser les flux internes par la présence d’habitants et de services et externes par l’attractivité du centre à réinventer pour un territoire.

Cette logique dite de "projet intégré" est une garantie pour une cohérence d’action et la formulation de réponses satisfaisantes aux besoins d’un territoire. Elle peut être à même de répondre à des domaines étendus où il s’agit à la fois de rechercher des équilibres commerciaux, d’habitat, de maîtriser la consommation d’espaces, de promouvoir une mobilité adaptée, de générer une offre d’équipements et services adaptée, de valoriser le patrimoine bâti et paysager, de développer l'économie du centre...

 
Centralité
La centralité d'un centre-ville ou d'un centre-bourg est sa capacité à jouer son rôle de centre en proposant activités et services et en constituant l'élément d'attractivité principal de la ville ou du bourg. Dans les villes et bourgs en déprise, ce rôle a basculé sur la périphérie ou d'autres centres urbains.

Constats et principes d’intervention

Les travaux conduits en 2018 dans le cadre du groupe de travail "revitalisation centres-villes/centres-bourgs" de la conférence territoriale de l’action publique ont permis de dégager des principes d’actions partagés :

  • Nécessité de construire un projet transversal, multisectoriel (économie, habitat, mobilité, services publics…) et multi partenaires sur la base d’une identification précise des causes et des leviers d’actions. La revitalisation d’un centre-ville ou d’un centre-bourg est un projet de développement qui doit créer les conditions d’un aménagement durable du territoire.
  • Inscription d’un projet "revitalisation-centre" dans un territoire large qui ne se résume pas aux quartiers centraux voire à la commune. Un enjeu fort repose notamment dans la capacité des collectivités locales (ville centre et EPCI) à co-définir une stratégie globale avec les acteurs publics et privés concernés. Villes centres et EPCI doivent être porteuses d’un projet partagé.
  • Mise en place d’une gouvernance de projet associant l’ensemble des parties prenantes (publique, socio-économique, habitants...) pour une action cohérente et un partage du projet dans le temps. Les moyens d’ingénierie d’étude et de mise en œuvre sont déterminant au regard du caractère multisectoriel et pluri partenaires des opérations. Cette dimension est d’autant plus importante pour les plus petites villes où ces moyens sont peu ou pas présents.

Un soutien régional adapté aux situations

Centralités secondaires - petites villes : moyens et petits pôles urbains

Cette catégorie de petites villes qui bénéficient de fonctions de centralité, notamment en milieu rural, est parmi celles les plus en difficulté. La Région souhaite aider ces villes à construire un projet de revitalisation transversal et global avec les objectifs de :

  • Soutenir la mise en œuvre de projets qui permettent la réappropriation d’îlots stratégiques en centre-ville (création de logements et implantation de services commerciaux et publics) ;
  • Engager des actions collectives et individuelles relatives au commerce et artisanat pour contribuer à l’adaptation du secteur aux mutations contemporaines (relation client, numérique …) ;
  • Soutenir au travers de projets innovants l’émergence de nouvelles formes de commerces et services de centralité (pépinière commerciale, boutique à l’essai, commerce itinérant…).

Centralités de proximité : bourgs

Pour les bourgs, le soutien régional s’adresse aux territoires bénéficiaires d’un contrat de cohésion et de dynamisation. Il s’agit de soutenir les communes et EPCI dans leurs efforts de lutte contre les phénomènes de dévitalisation, au travers de démarches d’études et de coordination des acteurs d’un territoire ainsi qu’en faveur d’un développement et/ou de maintien de services au public.

Le soutien régional accompagne la mise en place d’une ingénierie dédiée à l’échelle du territoire de projet dans le cadre d’un poste de chargé(e/s) de mission thématique.

Pour le soutien au projet d’investissement et dans le prolongement des orientations stratégiques du territoire, la Région mobilise prioritairement l’ensemble de ses politiques (logement, transition énergétique, mobilité, tourisme, patrimoine…), ainsi que les soutiens particuliers prévus au titre de la politique contractuelle pour le maintien et le développement de services à la population (tiers lieux, halles et marchés, maison de santé, maison de services aux publics, derniers commerces, multiples ruraux…).

"Cœur de ville" et "Petites villes de demain"

Par ailleurs, deux autres dispositifs sont conduits par l'Etat. "Cœur de ville" concerne les villes moyennes. En Nouvelle Aquitaine, 22 villes ou agglomérations, dont le centre- ville présente des phénomènes de dévitalisation, ont été retenues. Pour "Petites villes de demain", 154 villes de moins de 20 000 habitants sont entrées dans le dispositif qui consiste en une aide à l'ingénierie pour le montage de projet.

Dans ce cadre, la Région apporte un soutien aux projets en matière d’habitat, de logement des jeunes, de soutien aux entreprises, de mobilité, de transition énergique, de tourisme et patrimoine…Il faut ajouter un soutien au tissu commercial et artisanal pour les centres villes des territoires les plus vulnérables.

Investissons aujourd'hui, dessinons demain