Face aux effets du changement climatique, la gestion de l’eau devient un enjeu majeur pour les territoires. Dans les Pyrénées-Atlantiques, une démarche collaborative innovante, menée par l’AUDAP, pour Pyrénée4Clima, propose aux habitants de la Communauté de communes du Pays de Nay, de réfléchir à la préservation de la ressource en eau potable et à l’évolution de ses usages
Inspiré des conventions citoyennes, le Life Lab’Eau a pour objectif de permettre aux habitants de mieux comprendre les enjeux liés à l’eau et d’envisager des réponses possibles à l’échelle du territoire. « L’idée était de créer un espace de dialogue entre les savoirs scientifiques, techniques et les savoirs d’usage », explique Hélène Larralde, urbaniste à l’Agence d’urbanisme Atlantique & Pyrénées, l'AUDAP. « Les habitants ont une connaissance fine de leur territoire. Leur regard est précieux pour enrichir les réponses liées à la réduction de la ressource et pour renouveler une culture de l’eau plus sobre et responsable. » Pendant plusieurs mois, un groupe de citoyens volontaires s’est réuni lors d’ateliers participatifs. Les premières rencontres ont permis de partager les connaissances sur le fonctionnement hydrologique local et les effets du changement climatique. « L’eau est un sujet complexe, mais lorsque l’on prend le temps d’expliquer les mécanismes, les citoyens s’en emparent très vite », souligne Hélène Larralde.
Comprendre pour mieux agir
© Communauté de communes Pays de Nay
Pour Marc Garnier, chef de projet transition climatique à la CCPN, la Communauté de communes du Pays de Nay, cette démarche s’inscrit pleinement dans les objectifs du territoire. « Le Plan Climat nous invite à penser l’adaptation au changement climatique à long terme. Avec le Life Lab’Eau, nous avons voulu associer les habitants pour imaginer des solutions qui s'avèrent finalement très proches de celles envisagées par la collectivité. » Au fil des ateliers, les participants ont confronté leurs expériences d’usagers aux apports des experts. Retraité, enseignant, agriculteur ou encore ingénieur, chacun a des connaissances hétérogènes sur le sujet. « Ce qui est intéressant dans ce type de démarche, c’est la rencontre entre différents types de savoirs », poursuit Hélène Larralde. « Les experts apportent des données, mais les habitants partagent aussi des observations très concrètes issues de leurs observations du territoire et de leur mémoire. »
Pour Nicole Juyoux, citoyenne participante, cette expérience a été particulièrement stimulante : « Cela nous a permis d’approfondir nos connaissances, parfois erronées, et de réfléchir collectivement aux solutions ». Pierre Bourumeau, autre participant, estime qu’il serait important de relier ces discussions à des enjeux plus larges : « On parle beaucoup de climat, mais il faut aussi intégrer les questions de biodiversité, comme le rappelle le GIEC ».
Des pistes d’action pour le territoire
Les échanges ont permis de faire émerger plusieurs idées d’action, notamment autour de la préservation des milieux naturels. Hélène Larralde insiste sur l’importance d’une approche globale : « L’idée d’identifier les « zones d’intérêt hydrologique » assurant naturellement la rétention des fortes précipitations est apparue lors de nos discussions. » Les participants ont aussi souligné l’importance de mieux prendre en compte l’eau dans l’aménagement des espaces. Pour Alain Caperet, vice-président de la Communauté de communes du Pays de Nay, cette démarche participative est essentielle. « Le Pays de Nay regroupe 29 communes. La gestion de l’eau concerne tout le monde. Il est important de travailler en transparence et d’associer les habitants aux réflexions. »
Dans le cadre de leurs politiques, les nouvelles équipes de la collectivité locale, fraîchement élues, auront la charge de poursuivre ces dialogues avec les habitants pour permettre les adaptations indispensables à l'avenir du territoire.