Le territoire Adour Chalosse Tursan Marsan est constitué d’un vaste espace rural avec un grand pôle urbain qu’est l’Agglomération de Mont-de-Marsan. La croissance démographique y est continue depuis 1968 mais elle s’est essoufflée depuis 2010. Le niveau de vie de la population est peu inégalitaire et dessine une structure sociale plutôt homogène. Le niveau de chômage a progressé entre 2010 et 2015, essentiellement en lien avec la dégradation générale du contexte économique.
Un vaste territoire multi polarisé
Territoire rétro-littoral comportant une partie urbaine et un large espace rural, le Territoire Adour Chalosse Tursan Marsan est structuré par le grand pôle de Mont-de-Marsan et maillé par 4 pôles secondaires : Tartas, Saint-Sever, Hagetmau et Aire-sur-l’Adour. Il est bordé à l’ouest par le pôle de Dax,dont 2 communes du PETR font partie intégrante,et se trouve également sous l’influence de Pau et Lacq-Orthez au sud. Les 5 pôles internes concentrent 43% des habitants du territoire et 67% de l’emploi.Cette structuration territoriale fait apparaître une dynamique de «pendularisation» marquée auprès des territoires voisins (notamment Dax et Pau) et un fort niveau d’interaction entre les composantes internes du territoire.
Une dynamique démographique modérée qui s’essouffle
Le territoire connaît une croissance démographique continue depuis 1968, mais globalement modérée.Sa dynamique démographique s’est enclenchée plus tardivement et a été sensiblement moins positive que dans les territoires de comparaison (territoires entourant des pôles de 10000 à 40000 emplois). La croissance s’est toutefois accélérée durant les années 2000,mais le dynamisme démographique s’est essoufflé depuis 2010.
Cette trajectoire provient d’un solde migratoire en demi-teinte, systématiquement inférieur à la moyenne des territoires néo-aquitains de même catégorie (excepté pour la période 1999-2010) et d’un solde naturel faible, voire parfois négatif (1975-1982 et 1990-1999). La baisse du solde migratoire sur la période récente traduit une perte d’attractivité et expose le territoire à un ralentissement démographique.
L’attractivité du territoire s’exerce sur des populations plutôt jeunes mais modestes (ouvriers et employés) et plus exposées au chômage. Cette dynamique limite le vieillissement de la population, mais le phénomène pourrait s’inverser dans les années à venir compte tenu de la surreprésentation des populations de 45-59 ans.
Une situation sociale mitigée
Le niveau de vie de la population est peu inégalitaire et dessine une structure sociale homogène. Plutôt favorables pour les classes sociales défavorisées et modestes, les revenus demeurent inférieursaux moyennes de comparaison pour les classes moyennes et aisées. Le taux de pauvreté se situe en-dessous des moyennes de comparaison mais n’en reste pas moins relativement élevé, avec un taux de 12,2% des ménages qui vivent sous le seuil de pauvreté. Ces populations semblent néanmoins subir une pauvreté moins intense que d’autres territoires comparables.
Le niveau de chômage demeure quant à lui inférieur aux moyennes de comparaison,mais son intensité reste élevée et a progressé de manière significative entre 2010 et 2015. Cette rapide progression du chômage sur le territoire résulte à la fois de la dégradation du contexte économique et de l’attractivité du territoire sur ce type de public.
Tout en étant inférieur au niveau régional, le niveau de qualification de la population est plutôt favorable, en raison d’une sous représentations des populations sans diplôme et d’une légère surreprésentation des populations dotées d’un diplôme d’études supérieures.
Enfin, la part des actifs en emploi à temps partiel du territoire est modérée et nettement inférieure aux moyennes de comparaison. Mais la proportion d’actifs en contrats instables est supérieure à ce qui s’observe dans l’ensemble des territoires de comparaison, notamment en raison d’un recours important aux CDD.
Un tissu économique qui peine à se relever de la crise
Le tissu économique local a profondément évolué depuis les années 70, en affirmant son orientation présentielle de manière plus prononcée qu’en moyenne dans les territoires de comparaison.Cette évolution résulte à la fois d’une progression très rapide des emplois de la sphère présentielle et de la baisse intense, mais conforme aux moyennes, des emplois de la sphère productive concurrentielle sur la période (-17,9 %). Le dynamisme des emplois présentiels a cependant permis au territoire d’absorber le déclin des emplois productifs et d’enregistrer une progression rapide de ses emplois sur longue période.
La période récente a été nettement moins favorable. Le territoire a été particulièrement exposé à la «Grande récession» entamée en 2008. Fortement exposé au premier choc récessif de 2008-2009, il a ensuite fait preuve d’une faible capacité de rebond lors des phases de reprise de 2009-2011 (période durant laquelle il a même enregistré une baisse rapide de ses emplois) et 2014-2017. Au global, le territoire a enregistré entre 2008 et 2017 une réduction significative de ses effectifs salariés privés alors qu’il tendait à croître un peu partout ailleurs.
Un territoire dépendant aux mécanismes de socialisation
Le territoire affiche un modèle de développement de type«productif-public-social-retraite » qui traduit sa dépendance de plus en plus aiguë aux mécanismes de socialisation et un déséquilibre fonctionnel qui l’inscrivent dans une trajectoire défavorable.
Symptomatique d’un mouvement de long terme d’affaiblissement des forces productives concurrentielles, ce mouvement générateur de difficultés sociales est à l’origine de la montée en puissance des transferts sociaux.
S’y ajoute une forte dépendance aux pensions de retraite. Cette dimension retraitée apparaît en creux, et traduit plutôt la défaillance des autres moteurs de développement compte tenu de la structure démographique de la population locale, plutôt «jeune» au regard des territoires néo-aquitains de même catégorie.
Enfin, la composante publique est la traduction du rôle encore majeur que joue l’économie publique dans le territoire (outre la présence militaire, le Centre hospitalier de Mont-de-Marsan, le département des Landes et la communauté d’agglomération font partie des 4 plus gros employeurs du territoire).
A contrario, ce modèle interpelle sur le déficit de captation en matière de dépenses touristiques, qui révèle un fort déficit d’attractivité touristique.
Ce modèle de développement déséquilibré induit globalement une captation de richesse par habitant limitée, nettement inférieure à la moyenne des territoires de même catégorie. Ce déficit semble cependant atténué par une propension à consommer localement plutôt bonne qui montre que les centralités du territoire, et particulièrement la communauté d’agglomération de Mont-de-Marsan, assument une réelle fonction de pôle de consommation.
La propension à consommer localement ne semble toutefois pas suffisante pour compenser le fort déficit de captation de richesses et stimuler le dynamisme de l’économie présentielle à un niveau conforme aux observations constatées dans les territoires de comparaison.
Des enjeux de développement
Le modèle de développement semble inscrire le territoire dans une trajectoire peu porteuse sur un plan économique et social.
Les difficultés de long terme enregistrées par le tissu productif concurrentiel, la dynamique économique généralisée atone impulsée par la «Grande récession» depuis 2008, l’attractivité résidentielle–et surtout touristique–mitigée du territoire, le rendent de plus en plus dépendant de l’économie publique, des transferts sociaux et des pensions de retraite,alors même que le vieillissement de la population n’apparaît pas avoir encore atteint son pic. Le territoire Adour Chalosse Tursan Marsan semble ainsi comme amputé de sa capacité à générer son propre développement du fait de sa dépendance accrue aux mécanismes de socialisation.
L’articulation croissante du territoire aux grands pôles urbains voisins (Dax et Pau) révèle l’émergence d’une dynamique de « pendularisation ». Cependant, cette dynamique ne permettra sans doute pas de compenser les difficultés du territoire et menacent plus encore le capital environnemental du territoire, déjà entamé par l’étalement urbain. Une augmentation non raisonnée et non régulée des migrations pendulaires, avec son lot de nuisances notamment du point de vue des émissions de GES, pourrait s’avérer totalement contre-productif et rentrer en contradiction avec un impératif de lutte contre le changement climatique.
Une ambition principale serait ainsi d’enrayer le processus de socialisation du territoire par une diversification du modèle de développement,dans une perspective de développement plus vertueux.L’atteinte de cette ambition passera par 4 grands types d’enjeux:
- Consolider la dynamique productive concurrentielle du territoire en favorisant la constitution d’un véritable écosystème territorial visant à sortir les entreprises de leur isolement, pérennisant l’implantation des grandes entreprises, encourageant le renouvellement du tissu économique local et accompagnant la mutation de l’agriculture;
- Réguler et diversifier le dynamisme de l’économie résidentielle en veillant à préserver les atouts environnementaux du territoire, en stimulant son activité résidentielle, en stabilisant le volume de mouvements pendulaires et en stimulant de manière durable l’attractivité touristique sur un modèle raisonné;
- Renforcer la consommation sur le territoire pour pérenniser le dynamisme de l’économie présentielle et en renforçant et organisant les centralités du territoire pour contenir le phénomène d’évasion commerciale;
- Développer des coopérations interterritoriales avec les agglomérations de Dax et de Pau pour réguler la dynamique de « pendularisation » du territoire et stimuler son développement économique et touristique.
La situation de vulnérabilité du territoire
La nouvelle politique contractuelle de la Région apporte un soutien différencié en fonction du degré de vulnérabilité du territoire. Quatre domaines de vulnérabilité ont été définis au regard des compétences principales et ambitions régionales pour caractériser la situation relative des territoires :
- le revenu des ménages,
- l’emploi et le marché du travail,
- le niveau de formation de la population,
- la démographie et l’accessibilité aux services de la vie courante.
Trois niveaux de vulnérabilité ont été retenus : moins vulnérable, intermédiaire, plus vulnérable. Un indicateur synthétique calculé en fonction du nombre de domaines pour lesquels l’EPCI (établissement public de coopération intercommunale) présente une vulnérabilité a classé les intercommunalités du périmètre de contractualisation de la façon suivante :
- La CA Mont de Marsan Agglomération en moins vulnérable ;
- Les CC Chalosse Tursan, Coteaux et Vallées des Luys, du Pays Grenadois, du Pays Tarusate et Terres de Chalosse en moins vulnérables ;
- La CC d’Aire-sur-l’Adour en vulnérabilité intermédiaire.