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L’Arban, coopérative d’ingénierie rurale au service du territoire

Modifié le lundi 27 octobre 2025

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Sur le plateau de Millevaches, entre Corrèze, Creuse et la Haute-Vienne, une coopérative pas comme les autres réinvente l’habitat rural. L’Arban conjugue action foncière, ingénierie et écoconstruction pour redonner vie aux villages et accompagner les habitants dans leurs projets.

tiers lieux
Crédit photo Emmanuel Meyer

À Faux-la-Montagne (Creuse), l’Arban(S'ouvre dans une nouvelle fenêtre) s’appuie sur le bâti ancien pour réinventer la manière d’habiter en campagne. Créée en 2008, devenue société coopérative d’intérêt collectif deux ans plus tard, elle fédère habitants, collectivités locales et artisans autour d’un même projet : faire revivre les villages en agissant sur l’habitat. « L’Arban est née de besoins très concrets, portés par des acteurs du territoire, explique son directeur, Stéphane Grasser. Notre vocation, c’est d’être un outil collectif au service d’un développement local. »
Tout est parti d’un constat simple. Des maisons se vident, les opérateurs publics se retirent, les communes cherchent des solutions. L’Arban s’est alors constituée en foncière solidaire : acheter, rénover et remettre en location des logements à prix accessibles. Douze biens ont déjà retrouvé une seconde vie. Au fil du temps, la coopérative s’est ouverte à d’autres projets : un café associatif à Felletin (Creuse), un espace d’ateliers partagés à Uzerche (Corrèze), ou encore un futur lieu de création à Faux-la-Montagne. Ces lieux hybrides participent à réanimer les cœurs de bourg et à tisser du lien social.

 

façade ressourcerie
Crédit photo Emmanuel Meyer

L’ingénierie rurale au service des communes

Mais l’Arban ne se limite pas à la pierre. Avec son atelier d’urbanisme rural, la coopérative met ses compétences au service des collectivités. Son équipe accompagne les communes dans la revitalisation de leurs centres-bourgs, la reconquête du bâti vacant ou la création d’éco-hameaux. L’Arban se lance également dans une nouvelle voie : l’adaptation des petites communes au changement climatique. Comment gérer l’eau, repenser la place des voitures, anticiper les risques liés à la forêt ou renforcer l’autonomie alimentaire ? Autant de défis que la coopérative aide à traduire en actions concrètes, à la mesure des moyens locaux. « Ces sujets ne concernent pas que les grandes villes, poursuit le directeur. Les territoires ruraux sont eux aussi confrontés à la transition écologique, mais ils manquent souvent d’outils et de moyens pour y faire face. Nous essayons d’apporter une méthode, un accompagnement concret. »

  • L'Arban
    Crédit photo Emmanuel Meyer
  • Des habitants étudient une carte posée au sol
    Crédit photo L'Arban

Apprendre à rénover par soi-même

Troisième pilier de l’Arban, les Ateliers de l’habitat s’adressent directement aux particuliers. Depuis 2016, la coopérative accompagne les habitants dans leurs projets d’auto-réhabilitation, du simple conseil avant achat à l’accompagnement sur chantier. Les matériaux choisis, comme les enduits chaux-chanvre, la laine de bois, la ouate de cellulose, respectent le bâti ancien tout en améliorant le confort thermique. Ce service connaît un succès croissant : l’Arban réalise à elle seule près de 10 % des accompagnements à l’auto-réhabilitation soutenus par l’Anah (S'ouvre dans une nouvelle fenêtre)en France. Dans un contexte de hausse du coût de l’énergie, ce besoin d’isoler et de moins consommer est un véritable enjeu. 

L'Arban
Crédit photo L'Arban

Une autre idée de l’aménagement

Onze salariés, plus de deux cents sociétaires, et un même objectif : celui de construire collectivement l’avenir des campagnes. Urbanistes, architectes, artisans et collectivités travaillent main dans la main pour redonner du sens à l’aménagement rural. « Ce qui nous anime, confie Stéphane Grasser, c’est de confronter nos valeurs au réel. Transformer nos convictions en actions concrètes.»
De la rénovation d’une maison à la création d’un tiers-lieu, de l’accompagnement des élus à celui des habitants, L’Arban prouve qu’on peut s’appuyer sur l’existant pour construire l’avenir des communes.

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