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Document stratégique

Diagnostic territorial du Sud Gironde

Dans le cadre d’une politique territoriale solidaire et co-construite, la Région réalise des diagnostics territoriaux qu’elle partage avec les acteurs concernés pour mettre en évidence la capacité des territoires à se développer et à capitaliser sur ce potentiel.

Revenus captés, dynamiques du tissu économique, attractivité, niveau de cohésion sociale, niveau de formation de sa population, accessibilité aux services de la vie courante… tous ces éléments sont analysés pour aboutir à une stratégie de développement et un plan d’actions adaptés aux spécificités locales.

A la confluence des départements de la Gironde, des Landes et du Lot-et- Garonne, le Sud-Gironde s’étend sur un vaste territoire aux identités et dynamiques multiples, autour du Bazadais, de la Vallée de la Garonne et des Landes de Gascogne. Les 4 EPCI qui composent le territoire – les communautés de communes Convergence-Garonne, du Bazadais, du Réolais en Sud-Gironde et du Sud-Gironde – rassemblent près de 107 000 habitants. Soumis, dans une large frange nord-ouest, à l’influence directe de la métropole bordelaise, ce territoire à forte  composante  périurbaine  compte  en  son  sein  plusieurs  pôles structurants : Langon (8 000 emplois), La Réole (3 600), Cadillac et Bazas (2 700 emplois chacun).

Les deux axes autoroutiers qui traversent le Sud-Gironde du nord au sud et d’est en ouest, l’A62 et l’A65, assurent une bonne accessibilité du territoire. Le TER Bordeaux-Agen qui met Langon à moins de 2h45 de Paris ainsi que la relative proximité de l’aéroport de Bordeaux lui confèrent également une ouverture à longue distance bien que la partie sud du territoire ne soit pas reliée à l’offre de transport en commun.

Une économie qui résiste bien à la crise

Au cours des 40 dernières années, le tissu économique du Sud-Gironde a connu comme partout de profondes mutations. La part de la sphère productive, antérieurement prédominante, a largement reculé au profit de celle de la sphère présentielle qui atteint une représentation comparable au niveau national. Ce basculement s’est opéré sous l’effet d’une progression des emplois présentiels aussi soutenue que dans les territoires de référence (+63,6 %) et d’une chute des emplois productifs exportateurs, plus marquée qu’au niveau régional et national (-20 % contre -14,3 % en région et -15 % en province). Le repli de la sphère productive distingue le territoire des autres territoires périurbains autour de la métropole bordelaise, lesquels ont davantage bénéficié du desserrement géographique de ces activités vers les territoires voisins.

Ces évolutions ont renforcé la diversification du tissu économique du Sud- Gironde, désormais spécialisé dans des activités à la fois agricoles, industrielles et présentielles.

Le territoire conserve en effet une forte vocation agricole : malgré la baisse continue de ses effectifs, le secteur emploie proportionnellement 6 fois plus de salariés qu’au niveau national. Les activités agricoles sont diversifiées (viticulture, polyculture-polyélevage, sylviculture, élevage bovin, porcins et volailles…) dans ce territoire caractérisé par des productions de qualité (nombreux labels et appellations de renom) et des circuits courts en développement.

Les industries bois-papier-imprimerie et agroalimentaire, également surreprésentées dans le Sud-Gironde, maintiennent leur emprise sur le territoire. En outre, deux secteurs présentiels spécialisent le tissu économique local : les activités pour la santé humaine et l’hébergement médico-social et action sociale, qui rassemblent à eux seuls le quart des effectifs salariés du Sud-Gironde.

Le territoire a été relativement épargné par la « grande récession » impulsée en 2008 par la crise financière internationale. Grâce à son orientation sectorielle favorable, le Sud-Gironde n’a pas perdu d’emplois entre 2008 et 2016 et a mieux résisté à la crise que la majorité des territoires de contractualisation de la région. Si le territoire a subi des pertes d’emplois significatives au cours de l’épisode récessif de 2008-2009 (-1,9 % par an), il a ensuite inversé la tendance et enregistré de bonnes performances économiques à partir de 2011 en stabilisant ses effectifs salariés (2011-2014) puis en créant autant d’emplois qu’en moyenne régionale et nationale (2014-2016). La trajectoire du Sud-Gironde est cependant moins favorable que celle des territoires périurbains autour de la métropole bordelaise, très dynamiques tout au long de la crise.

L’hébergement médico-social et action sociale, la production et distribution d’électricité-gaz, le commerce-réparation automobile et la fabrication d’aliments et de boissons sont les secteurs les plus dynamiques entre 2008 et 2016 en Sud- Gironde. A contrario, la construction et le transport-entreposage subissent des destructions d’emplois significatives. Qu’ils soient dynamiques ou en difficulté, la plupart des secteurs d’activité du Sud-Gironde, notamment ses secteurs de spécialisation comme l’industrie bois-papier-imprimerie, se comportent mieux localement qu’au niveau national.

 

Une surreprésentation des revenus « pendulaires » et sociaux dans le processus de captation de revenus extérieurs

Le système de captation de revenus du Sud-Gironde repose de moins en moins sur les revenus productifs exportateurs2. Le poids des prestations sociales dans le revenu disponible des ménages, plus important qu’au niveau régional, indique a contrario une dépendance accrue du territoire aux amortisseurs sociaux.

Les revenus pendulaires semblent également contribuer de façon significative aux revenus captés par le territoire. Le Sud-Gironde fait partie des territoires d’accueil privilégiés pour les actifs girondins cherchant du foncier accessible. Ce positionnement résidentiel en fait un territoire pourvoyeur de main d’œuvre : une forte proportion d’actifs travaille hors du territoire, « important » ainsi des revenus susceptibles d’y être consommés.

Chaque jour, près de 14 800 actifs sortent du Sud-Gironde pour travailler (générant une captation de revenus extérieurs) et 6 700 viennent y travailler (générant une évasion de revenus pour le territoire). Plus de la moitié des actifs sortants travaillent dans la métropole bordelaise. Le territoire tire ainsi un net bénéfice de la proximité de Bordeaux métropole et des EPCI qui la jouxtent (CC de Montesquieu, CC Jalle-Eau-Bourde et CC des Portes de l’Entre-Deux-Mers). L’apport de revenus pendulaires, tout en étant important, est cependant moindre que dans les autres territoires périurbains autour de Bordeaux. Il offre en effet davantage d’emplois à ses actifs que ces derniers.

Les autres revenus dits résidentiels sont plus limités. S’agissant des pensions de retraite, la jeunesse relative de la population et un montant moyen des pensions inférieur à la moyenne régionale réduisent probablement les revenus captés.

De même, la captation de revenus touristiques apparait restreinte, avec une densité d’hébergements touristiques extrêmement faible, largement inférieure à la moyenne régionale. La capacité d’hébergement marchand est limitée et sous- qualifiée (19 hôtels et 11 campings dont plus de la moitié n’est pas classée). Pourtant, l’offre touristique du territoire est diversifiée, grâce à ses atouts naturels et environnementaux (forêt landaise, coteaux de Garonne, Garonne et canal latéral, vignoble…), à la richesse de son patrimoine bâti (châteaux clémentins, bastides et sites médiévaux, édifices religieux et cathédrales…) et aux opportunités liées à l’œnotourisme.

Malgré la forte progression de la sphère présentielle dynamisée par l’attractivité démographique du territoire, la densité d’emplois présentiels privés sur le territoire reste congrue. Ce constat révèle l’opportunité d’accroître les flux de revenus que le territoire capte et de réduire l’évasion commerciale qu’engendre la proximité de la métropole bordelaise. Des gains de captation de revenus sont notamment à rechercher dans une consolidation des revenus productifs exportateurs et dans un développement du tourisme.

Une forte attractivité démographique dont il convient de maitriser les conséquences

Après une longue stagnation de la population, un tournant s’opère au début des années 2000 avec l’amplification de la contribution du Sud-Gironde à la dynamique d’accueil girondine. La croissance démographique du territoire s’accélère et se poursuit à un rythme supérieur aux tendances régionale et nationale.

Le territoire bénéficie d’une solide dynamique migratoire et d’un solde naturel désormais positif (mais faible) qui laissent augurer la poursuite d’une croissance démographique soutenue du territoire. Favorisée par un bon niveau d’équipements (qu’il s’agit d’entretenir pour accompagner l’attractivité démographique du territoire), cette dynamique est susceptible de stimuler la consommation locale et le développement de l’économie présentielle du Sud- Gironde.

Néanmoins, le manque de maîtrise de ce dynamisme démographique et de l’étalement urbain qu’il génère affecte l’occupation des sols et l’organisation du territoire. La consommation d’espace liée à la croissance démographique est forte dans le Sud-Gironde (0,11 hectare par habitant supplémentaire entre 2009 et 2015). Elle se traduit par un recul des espaces agricoles plus marqué que dans les autres territoires périurbains autour de la métropole bordelaise (-3,1 % entre 2000 et 2009). Les espaces agricoles et forestiers se stabilisent sur la période récente (2009-2015). Le Sud-Gironde est également confronté à une hausse des prix de l’immobilier, bien que le marché local demeure plus accessible que dans les territoires de comparaison. Ces constats rendent nécessaire la recherche de solutions pour enrayer l’urbanisation diffuse du territoire, par une gestion adaptée des mobilités et la revitalisation des centres-bourgs par exemple (cf. La Réole, Cadillac).

Un risque de détérioration de la situation sociale et de développement déséquilibré du territoire

Le Sud-Gironde s’inscrit dans un marché de l’emploi marqué par la saisonnalité et la précarité. Les contrats courts y sont surreprésentés. La population du Sud- Gironde est moins qualifiée que dans les territoires de comparaison et cette problématique n’épargne pas les jeunes (15-24 ans) : près de trois jeunes sur dix ne disposent d’aucun diplôme qualifiant. Alors que le niveau de revenu des ménages résidant à l’ouest est proche de la moyenne régionale, le niveau de revenu des ménages résidant dans la moitié est est sensiblement plus modeste, nettement inférieur aux moyennes régionale et nationale. Ces indicateurs, confortés par le poids relativement important des prestations sociales dans le revenu des ménages, alertent sur une dégradation de la situation sociale du territoire, même si le taux de chômage reste dans la moyenne.

La cohésion sociale et le développement équilibré du territoire pourraient ainsi être affectés.

Dans le contexte d’essor démographique du territoire, le nombre important de trajets qui s’y effectuent avec, pour une partie du territoire non desservie par les transports en commun, l’absence d’alternative à la voiture, ainsi que l’inadaptation de l’offre de logements (caractérisée par un parc ancien et un phénomène croissant de vacance) risquent d’exposer une part croissante de la population du Sud-Gironde à la précarité énergétique.

Le Sud-Gironde est également fragilisé par des dynamiques infra-territoriales contrastées, entre une partie ouest dynamique, espace de diffusion du desserrement métropolitain et une partie est/sud-est (CC du Réolais en Sud- Gironde et du Bazadais) moins dense, confrontée à la pauvreté, aux destructions d’emplois et au dépeuplement de certains bourgs structurants. Ce constat révèle un risque d’accroissement des disparités territoriales.

Des enjeux stratégiques

La forte attractivité résidentielle du Sud-Gironde est porteuse pour le développement de la consommation locale et de la sphère présentielle.

Le renouvellement de la main d’œuvre qu’elle permet est aussi de nature à favoriser le développement de savoir-faire.

La montée en qualification des actifs du territoire revêt, dans ce territoire caractérisé par une population faiblement qualifiée (les 15-24 ans notamment), une importance majeure.

L’attractivité démographique du Sud-Gironde exerce dans le même temps une forte contrainte sur le territoire, en termes de coûts sociaux, environnementaux et économiques (investissements publics). L’accompagnement et la maîtrise de la dynamique d’accueil du territoire constituent à cet égard une priorité stratégique. Elle passe par la préservation de ses ressources agricoles et naturelles, la maîtrise de l’étalement urbain, le développement d’un habitat accessible et le maintien d’un bon niveau d’équipement dans les centralités du territoire.

Le développement du territoire passe également par la valorisation et la diversification des activités économiques locales afin d’accroitre la captation de richesses. La dynamisation des activités productives revêt un enjeu majeur. A cet égard, la structuration des filières-clés du territoire, telles que la valorisation de la filière bois (bois-construction, éco-construction) et la recherche de création de valeur ajoutée dans l’agriculture (produits finis, commercialisation en direct) constitue des pistes. Il s’agit en outre d’amplifier les dynamiques locales existantes autour de la valorisation du potentiel énergétique du territoire et de l’œnotourisme notamment. L’augmentation de son attractivité touristique serait susceptible de stimuler la création d’emplois présentiels.

Enfin, le renforcement de la cohésion sociale et territoriale est un défi important pour le Sud-Gironde. Face à l’étendue du territoire et à la diversité de ses identités et de ses dynamiques, une gouvernance collective à l’échelle du Sud-Gironde doit être mise en œuvre pour lutter contre les disparités infra-territoriales, en tant qu’enjeu de cohésion et de réduction de la pauvreté. Une logique de renforcement des centres-bourgs pourrait contribuer à l’atténuation des contrastes démographiques et économiques.

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