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Le poêle de masse réinvente la chaleur

Modifié le mardi 18 juillet 2023

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Au lycée des métiers du bâtiment de Felletin (Creuse), une association oeuvre à la reconnaissance et à la promotion du poêle maçonné. Ce mode de chauffage économique et écologique est promis à un bel avenir.

homme réalisant un poêle
Crédit photo DR

« Le poêle de masse, c’est un poêle de radin parce que tu ne mets pratiquement pas de bois. C’est un poêle de feignant, parce que tu ne mets du bois qu’une seule fois et pas plusieurs fois. En fait, c’est un poêle intelligent », résumait Nicolas Lesecq, un poêlier aux rencontres nationales de l’AFPMA, l’association française du poêle maçonné artisanal basée à Felletin au lycée des métiers du bâtiment.

Le poêle le plus performant

Le poêle de masse ou poêle maçonné, c’est un principe simple : un foyer et un circuit de chauffe en brique qui permet de lui donner toutes les formes possibles. Avec une seule flambée, d’une heure et demie, le bois chauffe le circuit en brique, qui chauffe à son tour la maison par rayonnement et produit une chaleur douce pendant 12h à 24h. Pour l’ADEME(S'ouvre dans une nouvelle fenêtre), l’agence de la transition écologique, le poêle de masse est « le plus performant à l’usage » de tous les poêles. Il offre le même rendement qu’un poêle à granulés tout en étant beaucoup plus économique, puisqu’il utilise le bois bûche, sans la dépendance à l’électricité et avec un meilleur confort. Côté écologie, il se classe également en tête des chauffages bois avec un taux d’émission de particules fines minimum. Bref, ce mode de chauffage, qui n’est pas un chauffage d’appoint ne souffre que d’un inconvénient : il est presque inconnu sous nos latitudes. En Allemagne, on compte 1 500 artisans poêliers pour 19 000 installations annuelles. En France, grâce aux efforts de l’AFPMA, on atteint aujourd’hui 1 000 installations. Et le nombre de poêliers s’approche doucement de la barre de la centaine.

Une reconnaissance par Bercy

L’AFPMA, qui regroupe toute la profession, a fêté ses 10 ans avec ses rencontres annuelles à Felletin en juin dernier. Chaque année, la manifestation rassemble les poêliers et des corps de métiers qui gravitent autour de la construction des poêles : maçons, céramistes, briquetiers, constructeurs de fours à pain, fumistes…Elle témoigne des avancées de la reconnaissance du poêle de masse…qui part de loin. Il y a 10 ans, ils étaient une poignée et tout était à faire. En 2020, l’association a obtenu une reconnaissance par le code des impôts donnant droit, au même titre que les autres modes de poêle, aux aides de Ma prime rénov. Avec l’ADEME, l’association prépare la seconde étape : faire reconnaitre le poêle de masse comme mode de chauffage principal et non chauffage d’appoint, pour ouvrir les mêmes aides que les chaudières, entre 6 000 et 8 000 euros. « Les chaudières bois font de l’hydro-accumulation de chaleur », explique Aurélien Germain-Thomas, coordinateur de l’association, « le poêle de masse fait de l’accumulation avec la brique. Il n’y a pas de différence sensible d’efficacité. »

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