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Diagnostic territorial de l'Oloron Haut Béarn

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Dans le cadre d’une politique territoriale solidaire et co-construite, la Région réalise des diagnostics territoriaux qu’elle partage avec les acteurs concernés pour mettre en évidence la capacité des territoires à se développer et à capitaliser sur ce potentiel.

Revenus captés, dynamiques du tissu économique, attractivité, niveau de cohésion sociale, niveau de formation de sa population, accessibilité aux services de la vie courante… tous ces éléments sont analysés pour aboutir à une stratégie de développement et un plan d’actions adaptés aux spécificités locales.

Un territoire structuré autour du pôle d’Oloron-Sainte-Marie, dont l’enclavement devrait se réduire

Le territoire Oloron Haut Béarn est situé au sud-est du département des Pyrénées-Atlantiques, au cœur du massif des Pyrénées, et se compose de deux intercommunalités : les communautés de communes de de la Vallée d’Ossau et du Haut Béarn. A cheval entre piémont et relief escarpé le long des vallées d’Ossau, d’Aspe et de Barétous, il comprend 66 communes et compte 42 000 habitants. Il se structure autour du pôle d’Oloron-Sainte-Marie, situé en piémont, à proximité de l’agglomération de Pau. Ce pôle concentre 40 % de la population du territoire et 56 % de l’emploi. Traversé du nord au sud par la RN134 qui le relie à Pau et Saragosse via le tunnel du Somport, le territoire est aussi relié à Pau par une ligne TER. Il est prévu que la ligne ferroviaire qui est opérationnelle en vallée d’Aspe jusqu’à Bedous soit réhabilitée jusqu’à la frontière espagnole (Canfran) afin de drainer voyageurs et fret transfrontalier, tout en réduisant les nuisances environnementales. Des liaisons à longue distance sont par ailleurs offertes via l’A64 Bayonne-Toulouse et l’A65 Pau-Bordeaux, dont Oloron se trouve à 50 minutes, ainsi que via l’aéroport de Pau

Un modèle de développement porteur et des moteurs diversifiés

Le territoire d’Oloron Haut Béarn dispose d’un modèle de développement de type « Productif » mis en évidence par une surreprésentation significative des revenus productifs concurrentiels dans le processus de captation de revenus en provenance de l’extérieur. Ce modèle pourrait laisser penser que le territoire dispose de modalités de fonctionnement socio-économique très spécialisées. Cette appréciation doit être nuancée. Bien, que les revenus touristiques et « pendulaires » (revenus « importés » par les actifs qui résident sur le territoire et travaillent hors de son périmètre) ne soient pas significativement surreprésentés, ils n’en constituent pas moins de très importants leviers de développement complémentaires. Cette diversité des leviers de captation de richesses repose ainsi à la fois sur une présence structurante du tissu productif concurrentiel, sur la forte attractivité touristique du territoire et sur son articulation avec l’agglomération de Pau. Elle apparaît porteuse et traduit une relativement faible dépendance aux mécanismes de redistribution nationaux (revenus publics, transferts sociaux, pensions de retraite).

Ce modèle de développement apparaît in fine d’autant plus équilibré qu’il induit une captation de richesses par habitant sensiblement supérieure à la moyenne des territoires de même catégorie (les territoires au profil rural-urbain néo-aquitains). De surcroit, la propension à consommer localement apparaît relativement élevée et suggère que les centralités du territoire, particulièrement le pôle d’Oloron-Sainte-Marie, assument une réelle fonction de pôle de consommation et ne souffrent pas d’une évasion commerciale excessive, notamment à destination de Pau. Cette configuration stimule de facto positivement l’économie présentielle, segment de l’économie exclusivement tourné vers la satisfaction des populations résidentes et présentes (touristes, résidents secondaires, actifs non-résidents…), comme le démontre la densité d’emplois présentiels sensiblement supérieure au niveau que l’on observe dans les territoires de la région de même catégorie.

Un tissu économique marqué par de profondes transformations

Le tissu économique a subi de profondes mutations au cours des 40 dernières années. Doté d’une forte orientation productive concurrentielle dans le courant des années 70, il affiche désormais, comme à peu près partout en France, un profil nettement plus présentiel. Pour autant, le poids de la sphère productive exportatrice reste plus importante localement qu’en France de province (36,6 % contre 34,0 %). Elle se traduit par une spécialisation tant dans l’agriculture (notamment l’élevage ovin et bovin, assortie de pratiques d’agropastoralisme) que dans des activités industrielles (la construction aéronautique, l’agroalimentaire, la métallurgie, la production et distribution d’énergie), aux côtés des activités présentielles du type hébergement social et médico-social.

Les mutations économiques intervenues depuis les années 70 sont ici le produit d’un double mouvement : l’effondrement des activités productives concurrentielles d’un côté et la progression très rapide et supérieure aux tendances régionale et nationale de la sphère présentielle de l’autre. Le dynamisme de l’économie présentielle a ainsi permis de compenser les très lourdes pertes d’emplois enregistrées dans la sphère productive exportatrice, sans pour autant engendrer une réelle vitalité économique.

Sur la période récente, la « Grande récession » entamée en 2008 a été plutôt brutalement ressentie localement. Ce en raison de la très forte exposition du tissu productif local au premier choc récessif de 2008-2009 (- 7,8 % de baisse de l’emploi salarié privé sur un an) qui est venu amplifier et accélérer des restructurations sans doute déjà en cours. Depuis cet épisode, l’emploi est reparti à la hausse de manière continue. Le territoire a effectivement fait preuve d’une certaine capacité de rebond lors des deux cycles de reprise macro-économique (2009-2011 et 2014-2017) et surtout d’une résistance exceptionnelle lors du second cycle récessif de 2011-2014 en créant de l’emploi dans un contexte général largement à la baisse. Ce regain de vitalité amorcé depuis 2009, bien que modéré, a permis d’atténuer l’impact du choc initial sans pour autant totalement le compenser : en 2017, le territoire n’a pas tout à fait retrouvé son niveau d’emploi salarié de 2008.

Les motifs de cette légère baisse de l’emploi sur la période 2008-2017 sont beaucoup moins à rechercher du côté de l’orientation économique du tissu productif, très clairement favorable, que d’un « effet local » négatif. Si chacun des secteurs d’activité qui composent le tissu économique local avaient évolué comme au niveau national, le territoire Oloron Haut Béarn aurait gagné des emplois salariés (+4,5 % sur la période). L’effet local négatif traduit probablement les difficultés du territoire à mobiliser ses capacités propres, ses ressources spécifiques, pour retrouver une dynamique économique plus favorable. Il interroge la capacité de ses acteurs à se coordonner, créer des synergies, s’inscrire dans des réseaux, innover …

En résumé, les performances économiques du territoire tant sur le long terme que sur le court terme sont la preuve d’une fragilisation de ses forces productives concurrentielles. La montée en puissance de la sphère présentielle s’affirme et contribue à la résilience d’ensemble sans engendrer un réel dynamisme économique. Ce manque de vitalité économique est corroboré par la dynamique du tissu d’entreprises et sa faible capacité de renouvellement, illustrée par la faiblesse de la dynamique de création d’établissements et par l’ancienneté des entreprises. De plus, la forte concentration de l’emploi salarié auprès de quelques donneurs d’ordre (Safran, Lindt, Precision Casparts Corp France), tout en étant structurante, est susceptible de se retourner dans un contexte de concurrence mondiale exacerbée et dans la mesure où ces activités industrielles motrices dépendent de centres de décision situés à l’étranger. Le reste de l’économie s’appuie essentiellement sur un tissu éclaté, constitué de TPE, qu’il s’agit de « sortir de leur isolement ».

Une dynamique démographique atone, une attractivité résidentielle qui s’essouffle

La dynamique démographique du territoire demeure plus que mitigée. En baisse modérée jusqu’à la fin des années 90, la population s’est remise à croître légèrement depuis pour seulement atteindre en 2015 son niveau de 1968. La dynamique démographique du territoire est pénalisée par un déficit naturel important d’intensité croissante (qui fait écho au vieillissement prononcé de la population) compensé par le solde migratoire, seulement depuis le début des années 2000. Bien que positif, le solde migratoire montre clairement des signes d’essoufflement entre 2010 et 2015, attestant d’un ralentissement de l’attractivité résidentielle du territoire. La redynamisation de la population demeure vitale car son vieillissement déjà très avancé risque de compromettre le renouvellement de la main d’œuvre dans les années à venir.

L’état du parc de logements ne contribue sans doute pas à renforcer l’attractivité du territoire. Malgré un certain renouvellement, son ancienneté et le niveau relativement élevé de la vacance révèlent probablement une qualité insuffisante du parc, inadaptée à la demande contemporaine. L’ancienneté du parc expose aussi le territoire à des risques de précarité énergétique. A contrario, le niveau d’équipements, apparaît quantitativement et qualitativement satisfaisant pour la plupart des équipements les plus courants, et pourrait jouer un rôle positif sur l’attractivité et influencer le choix d’implantation des populations.

Une situation sociale plutôt avantageuse

Le fonctionnement socio-économique général du territoire, synthétisé par son modèle de développement, et sa dynamique économique sont aujourd’hui vecteurs d’un niveau de cohésion sociale plutôt favorable. Le niveau de qualification de la population est relativement élevé : les populations sans diplôme qualifiant sont sensiblement moins nombreuses que dans la région et en province, au contraire des diplômés de l’enseignement supérieur, plus nombreux parmi les jeunes de moins de 40 ans. Et si le niveau de précarité des conditions d’emploi est très élevé (le temps partiel et les contrats courts sont répandus), l’intensité du chômage demeure plutôt modérée.

De surcroît, la distribution du revenu des ménages apparaît elle aussi plutôt favorable, notamment pour les catégories de ménages de la moitié basse de la hiérarchie sociale (du 1er au 5ème décile) qui affichent un niveau de revenu supérieur aux moyennes de comparaison et même si celui des ménages les plus aisés est moindre que les moyennes régionale et nationale. La répartition des revenus dessine au global une structure sociale très homogène, c’est-à-dire peu inégalitaire. Enfin, les ménages vivant en dessous du seuil de pauvreté sont moins nombreux qu’en moyenne (12,9 % des ménages en 2015), bien que la résorption de la pauvreté reste comme partout une préoccupation.

Des pistes pour rendre plus robuste le modèle de développement

En résumé, le modèle de développement du territoire Oloron Haut Béarn apparaît porteur, grâce à un relatif équilibre entre son levier productif exportateur et ses leviers résidentiels (revenus touristiques et revenus pendulaires). Il offre une situation sociale plutôt favorable au regard des standards de comparaison. Néanmoins, la structure et la dynamique du tissu économique, de même que la dynamique démographique, présentent des fragilités qu’il convient de prendre en compte pour asseoir ce modèle de développement plutôt vertueux. Il apparaît donc vital pour le territoire d’accentuer la diversification de ses moteurs de développement.

L’atteinte de cette ambition passera nécessairement par la réponse à trois grands types d’enjeux :

Redynamiser la composante productive concurrentielle du territoire afin d’accroître la valeur ajoutée locale.

Des marges de manœuvre pour le territoire semblent à cet égard résider dans la structuration d’un véritable écosystème local et la croissance de ses entreprises locales.

Stimuler l’économie résidentielle :

 

  • En stimulant son attractivité touristique tout en cherchant à en réguler les effets secondaires (précarisation des conditions d’emploi, hausse du coût du foncier et de l’immobilier, conflits d’usage…) et en anticipant les risques auxquels il est exposé à moyen terme avec le réchauffement climatique (diversification des activités proposées.) ;
  • En stimulant son attractivité résidentielle. Il s’agit d’attirer de façon privilégiée des actifs qualifiés et des jeunes pour freiner le processus de vieillissement, assurer le renouvellement de la main d’œuvre et favoriser le redressement économique et l’innovation. L’intensification de l’attractivité pourrait s’accompagner d’une augmentation des revenus pendulaires compte tenu notamment des liens économiques déjà forts entretenus avec l’agglomération de Pau.

Soutenir la consommation locale

Pour redynamiser l’économie présentielle en continuant de contenir le phénomène d’évasion commerciale et travaillant à une éventuelle extension de la saison touristique.

 

Janvier 2018

Poids des revenus productifs et sociaux captés par le territoire - 1 – Oloron Haut-Béarn
Poids des revenus productifs et sociaux captés par le territoire - 1 – Oloron Haut-Béarn
Poids des revenus productifs et sociaux captés par le territoire - 2 – Oloron Haut-Béarn
Poids des revenus productifs et sociaux captés par le territoire - 2 – Oloron Haut-Béarn
Sphère présentielle et dynamique de l'emploi – Oloron Haut-Béarn
Sphère présentielle et dynamique de l'emploi – Oloron Haut-Béarn
Démographie : Evolution de la population – Soldes naturel et migratoire - Oloron Haut-Béarn
Démographie : Evolution de la population – Soldes naturel et migratoire - Oloron Haut-Béarn
Taux de chômage - Oloron Haut-Béarn
Taux de chômage - Oloron Haut-Béarn
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