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vue d'une nouvelle salle de la Cité de la Tapisserie
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actualité

La Cité internationale de la tapisserie s’agrandit

territoire

Sud Creusois

A Aubusson, la Cité internationale de la tapisserie poursuit en 2026 son développement avec l’achèvement de la seconde tranche de son extension. Dix ans après l’ouverture du site, ce nouvel ensemble redonne à la tapisserie d’Aubusson une place à la hauteur de ses six siècles d’histoire, mais aussi et surtout en résonance avec le champ des possibles qu’elle offre aujourd’hui.

Publié le lundi 9 mars 2026

« Cette extension a tout fait monter de deux crans », résume Emmanuel Gérard, directeur de la Cité. Elle permet désormais d’envisager, sans contraintes de temps n’i d’espace, de grandes expositions, avec des volumes dimensionnés pour accueillir des œuvres monumentales et présenter le Fonds contemporain. L’équipement gagne ainsi une plus grande liberté de programmation, tout en renforçant ses missions de conservation grâce à de nouvelles réserves. Le projet architectural, confié à l’agence Projectiles, s’inscrit avec sobriété dans le site existant. L’extension offre près de 1 600 m² supplémentaires, dont environ 550 m² consacrés aux expositions. Les volumes, pouvant atteindre jusqu’à huit mètres cinquante de hauteur, ont été conçus pour offrir une grande liberté de scénographie et permettre d’imaginer de nouveaux modes de présentation des tapisseries. Implanté sur l’emplacement libéré par la démolition de l’ancien internat, le projet a fait l’objet d’une attention particulière sur les questions paysagères, énergétiques et environnementales.

La création contemporaine au cœur du projet culturel

Au-delà du bâtiment, cette extension accompagne une ambition forte : replacer pleinement la création au cœur de la tapisserie. « Il fallait sortir d’une lecture patrimoniale et être aussi capable de s’inscrire dans les courants artistiques et les imaginaires de notre temps », souligne Emmanuel Gérard. La Cité a fait le choix de la création contemporaine, en s’ouvrant volontairement à de nouveaux univers artistiques.
Les projets consacrés à Tolkien, à l’univers de Hayao Miyazaki ou encore à la culture pop ont contribué à transformer le regard du grand public et à renouveler les visiteurs, en particulier les jeunes. Cette ouverture assumée s’inscrit dans une vision plurielle de la tapisserie, à la fois art décoratif, art contemporain et support de narration, capable de se conjuguer avec les courants esthétiques d’aujourd’hui.
 

Un pôle professionnel pour innover et structurer la filière

Au cœur de cette seconde tranche, le pôle professionnel constituera un outil stratégique pour l’avenir de la filière. Installé dans une ancienne carrosserie réhabilitée à proximité immédiate de la Cité, il sera un véritable laboratoire des savoir-faire. « Ce sera un espace pour travailler, expérimenter, accueillir des résidences, des workshops et accompagner des projets », explique le directeur. Le pôle doit permettre de faciliter les collaborations entre lissiers, cartonniers, designers, artistes et commanditaires, dans un cadre adapté aux différentes phases de recherche, de prototypage et d’innovation.
Ce projet répondra également à un enjeu économique et professionnel majeur : mieux préparer les acteurs de la filière aux réalités du marché de l’art et aux nouveaux modèles de production. Si la formation technique des lissiers a été fortement renforcée ces dernières années, la Cité souhaite désormais développer des compétences liées à la relation avec les prescripteurs, les collectionneurs et les commanditaires, afin de consolider durablement l’écosystème local. « Se positionner sur le marché de l’art suppose d’en connaître les rouages et de s’adapter à de nouveaux modèles économiques », souligne Emmanuel Gérard, directeur de la Cité internationale de la tapisserie.
 

Une programmation 2026 placée sous le signe des grands événements

L’année à venir s’annonce particulièrement dense. Le retour exceptionnel du Chant du Monde de Jean Lurçat, réalisé à Aubusson et présenté pour la première fois dans sa ville d’origine, marquera un temps fort. La tapisserie monumentale Hommage à George Sand, créée par Françoise Pétrovitch, sera dévoilée le 8 juin, à l’occasion des 150 ans de la disparition de l’écrivaine, date inscrite au calendrier des commémorations nationales. « Ce projet illustre notre volonté d’articuler dimension patrimoniale et création contemporaine », précise Emmanuel Gérard.
D’autres créations majeures sont attendues, notamment avec Raphaël Barontini, Philippe Druillet et la poursuite de la tenture dédiée à l’univers du Studio Ghibli, dont certaines pièces figurent parmi les plus grandes réalisées ces dernières années à Aubusson. 
Soutenue par la Région Nouvelle-Aquitaine et l’ensemble des partenaires publics, la Cité internationale de la tapisserie confirme son rôle de locomotive culturelle, artistique et économique pour Aubusson et le sud Creuse. Longtemps discuté à ses débuts, le projet fait aujourd’hui largement consensus localement et s’impose comme un équipement structurant pour le territoire. « Nous avons repositionné la tapisserie d’Aubusson dans sa juste dimension de grand savoir-faire d’excellence en dialogue avec la création contemporaine », conclut Emmanuel Gérard.