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À Bordeaux, IKOS veut faire du réemploi une nouvelle façon de consommer
Modifié le mardi 30 juin 2026
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Acheter un canapé, un livre, un lave-linge reconditionné ou un équipement sportif d'occasion dans un même lieu, en profitant d'une expérience comparable à celle d'un centre commercial classique : c'est l'ambition du futur village du réemploi solidaire IKOS. À Bordeaux, ce projet inédit réunira dès 2027 une dizaine d’acteurs de l'économie sociale et solidaire au sein d'un espace entièrement dédié à la seconde main.
Sommaire
IKOS veut démontrer qu'une consommation plus responsable peut être attractive, moderne et accessible à tous. Avec ses boutiques spécialisées, ses ateliers de réparation, ses espaces de sensibilisation et son espace de restauration, le site entend faire changer le regard porté sur le réemploi et l'économie circulaire. Le projet a franchi une étape symbolique le 12 juin dernier avec la pose de sa première pierre sur le site Dangeard, au nord de Bordeaux. Derrière ce chantier de plus de 18 millions d'euros se cache une aventure collective initiée il y a près de dix ans.
Une idée née d'un besoin commun
L'histoire d'IKOS commence en 2017 lorsque plusieurs structures du réemploi solidaire de la métropole bordelaise constatent qu'elles partagent les mêmes difficultés : manque de locaux adaptés, besoin de visibilité et volonté de développer leurs activités.
« Ensemble, on va plus loin, on est plus forts », résume aujourd'hui l'équipe du projet. De cette conviction naît un collectif qui rassemble progressivement neuf structures de l'économie sociale et solidaire, parmi lesquelles Le Relais Gironde(S'ouvre dans une nouvelle fenêtre), Atelier d'Éco Solidaire(S'ouvre dans une nouvelle fenêtre), Envie Gironde(S'ouvre dans une nouvelle fenêtre), la Recyclerie Sportive (S'ouvre dans une nouvelle fenêtre)ou encore Le Livre Vert(S'ouvre dans une nouvelle fenêtre). Inspirés notamment par un centre commercial du réemploi créé en Suède, les acteurs imaginent un lieu capable de mutualiser leurs moyens tout en offrant au grand public une nouvelle expérience de consommation.
Un centre commercial... de la seconde main
Sur un terrain de 2,5 hectares mis à disposition par Bordeaux Métropole, le futur village accueillera 11 000 m² de bâtiments. Une galerie marchande de plus de 3 000 m² réunira des univers très variés : textile, mobilier, électroménager reconditionné, livres, jeux, jouets, équipements sportifs ou encore artisanat. La particularité du projet réside dans la concentration sur un même site de l'ensemble de la chaîne du réemploi. Les objets pourront être collectés, triés, réparés, transformés puis revendus presque au même endroit.
Au-delà de la performance environnementale, les porteurs du projet souhaitent surtout changer le regard porté sur la seconde main. Le village reprendra les codes d'un centre commercial moderne avec une identité forte et des espaces conçus pour offrir une expérience client comparable à celle du commerce traditionnel.
En chiffres
Faire tomber les préjugés
Pour les acteurs du réemploi, l'un des principaux défis reste de convaincre un public encore parfois réticent à franchir les portes des ressourceries ou recycleries. « Nous voulons montrer qu'une autre consommation est possible », explique Lison Manière, chargée de marketing et communication chez IKOS. « On s'éloigne du cliché du hangar poussiéreux pour proposer un lieu attractif, moderne et qualitatif. »
Le futur village sera également un lieu de sensibilisation. Des ateliers, animations et démonstrations permettront aux visiteurs de découvrir concrètement les bénéfices du réemploi, de la réparation et de l'économie circulaire. Même la construction du site se veut exemplaire. Une partie des matériaux utilisés provient déjà du réemploi, illustrant la volonté des porteurs de faire du village une vitrine des pratiques qu'ils défendent.
Un impact environnemental et social majeur
À terme, IKOS ambitionne de traiter plus de 12 000 tonnes d'objets chaque année, contre environ 8 000 tonnes actuellement pour les structures membres du collectif. Mais l'enjeu dépasse largement la réduction des déchets. Le projet revendique également une forte dimension sociale. Le collectif réunira plus de 300 salariés, dont la moitié en insertion et dont 170 travailleront directement sur le site. Cela représente la création de 100 emplois supplémentaires. Plusieurs structures membres, comme Le Relais Gironde ou Eco-Agir, accompagnent déjà des personnes éloignées de l'emploi vers une insertion durable. Cette vocation sociale constitue l'un des piliers du projet. « Quand on achète dans une structure du réemploi solidaire, on a un impact environnemental positif, mais aussi un impact social positif », rappelle Lison Manière. « Derrière chaque objet, il y a aussi des parcours professionnels qui se reconstruisent. »
Une ouverture attendue en 2027
Les travaux, démarrés au printemps 2026, doivent se poursuivre tout au long de l'année avant une livraison progressive des bâtiments au printemps 2027. Soutenu par la Région Nouvelle-Aquitaine, Bordeaux Métropole, la Ville de Bordeaux, l'ADEME et les fonds européens, IKOS représente aujourd'hui l'un des projets les plus ambitieux de l'économie circulaire en France.
Près de dix ans après les premières discussions entre acteurs du réemploi, le rêve collectif est désormais en train de prendre forme. À Bordeaux, la seconde main s'apprête à changer d'échelle.