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À Poitiers, l’ancienne caserne des pompiers devient un laboratoire des transitions

Modifié le lundi 12 octobre 2026

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À deux pas de la gare de Poitiers, l’ancienne caserne du Pont-Achard a changé de visage. Depuis son ouverture, ce bâtiment autrefois occupé par les pompiers accueille une vingtaine de structures de l’économie sociale et solidaire, des ateliers, une auberge collective, un restaurant et des espaces ouverts au quartier. Un projet qui transforme l’ancienne caserne en un lieu partagé pour entreprendre, expérimenter et se rencontrer.

la salle de restauration de la Caserne
Crédit photo Région Nouvelle-Aquitaine

Il y a quelques années encore, les lieux étaient rythmés par les départs en intervention des pompiers. Depuis leur déménagement en 2020, la Ville de Poitiers(S'ouvre dans une nouvelle fenêtre), propriétaire du bâtiment, a fait le choix de conserver cette ancienne caserne et d’en faire un lieu hybride. Une transformation qui s’inscrit dans le projet plus large de renouvellement du quartier de la gare porté par la . La Caserne en constitue aujourd’hui l’une des premières réalisations livrées. Mais le projet ne s’est pas construit en un jour. Avant les travaux, l’association La Caserne (S'ouvre dans une nouvelle fenêtre)a expérimenté pendant près de deux ans différents usages dans le cadre d’une démarche d’urbanisme transitoire. Cette période a permis de tester le fonctionnement du lieu, de faire émerger des coopérations et surtout de mieux définir ce que devait être le futur tiers-lieu. « Il y avait beaucoup d’acteurs de l’ESS sur le territoire, mais finalement, tout ce petit monde n’avait pas forcément un espace pour se retrouver », explique Rémy Poignant, président de l’association La Caserne, qui gère le lieu. 

Un incubateur de coopérations

La Caserne s’organise autour de trois grandes fonctions : un incubateur de coopération, pour accompagner les porteurs de projets ; un démonstrateur de transition, avec les ateliers permettant de passer de l’idée à l’expérimentation ; et un animateur de quartier, grâce aux espaces de convivialité et aux activités ouvertes au public.
En réunissant des structures d’accompagnement de l’ESS et de la transition écologique, le lieu veut faciliter les rencontres entre porteurs de projets, entrepreneurs et réseaux. CRESS Nouvelle-Aquitaine, France Active, J’adopte un projet, POP Incub, Go Capital, Soltena ou encore La Traverse font ainsi partie des structures installées sur le site. Elles côtoient des artisans et des acteurs développant des activités dans l’alimentation locale, le numérique avec un FabLab, le textile, le cuir, la céramique ou les énergies. « L’idée, c’est que quelqu’un qui arrive avec une idée puisse rencontrer les bons interlocuteurs et repartir avec les premières bases pour construire son projet », explique Rémy Poignant. Le lieu compte environ 2 000 m² d’espaces tertiaires et d’ateliers. Les ateliers permettent notamment d’expérimenter, de fabriquer et de tester de nouveaux produits ou services.
 

vue de la façade
Crédit photo La Caserne

Expérimenter les transitions

C’est le deuxième axe du projet : faire de La Caserne un démonstrateur des transitions. Les activités accueillies doivent permettre de sensibiliser, former et expérimenter autour des enjeux sociaux et écologiques. Le Fablab La FaBrick, Feutré – Laine d’Éleveurs, GOHA, Racine Atelier Céramique, Inopinée l’Atelier ou encore La Carotte illustrent cette diversité. À leurs côtés, les Petits Débrouillards développent des actions d’éducation populaire autour des sciences et techniques.
La transformation du bâtiment participe elle-même à cette démarche, avec une conviction : le meilleur déchet reste celui que l’on ne produit pas. Plutôt que de démolir pour reconstruire, le projet s’appuie sur le bâtiment existant et cherche à réutiliser au maximum ce qui pouvait l’être. « Conserver le bâtiment, c’est déjà ne pas repartir avec un bilan négatif. Ensuite, il faut trouver les bonnes solutions pour travailler avec l’existant », résume Julien Michaud, chef de mission « Coordination des projets complexes » à la Ville de Potiers. L’objectif était de réutiliser 400 tonnes de matériaux, tandis que l’isolation fait notamment appel à la paille hachée et à la fibre de bois. Grilles, éléments d’escalier, comptoir en marbre ou encore traverses SNCF ont ainsi été réemployés dans le projet. L’ancienne caserne devient donc elle-même un terrain d’expérimentation des pratiques de construction et de rénovation plus sobres.
 

espace réservé aux télétravailleurs
Crédit photo Région Nouvelle-Aquitaine

Un lieu ouvert sur le quartier

Le troisième axe est celui de l’animation du quartier. La Caserne accueille une auberge collective « nouvelle génération » de 164 lits, répartis sur 36 chambres du dortoir, à la chambre familiale ou individuelles, un bar-restaurant et trois salles de séminaire pouvant accueillir environ 20, 30 et 40 personnes. Grâce à sa capacité d’accueil, ce lieu se hisse à la quatrième place des plus grandes auberges de jeunesse de France pour l’Office National des Auberges de Jeunesse. L’auberge représente à elle seule 14 équivalents temps plein. Installée au cœur du quartier gare, elle accueille touristes, groupes, familles et professionnels, avec une offre pensée pour différents usages. Sa proximité avec la gare permet également de favoriser une arrivée à Poitiers en transports collectifs. 
Une partie du bâtiment accueille par ailleurs des dispositifs d’hébergement d’urgence à vocation sociale. Ces différents usages cohabitent avec les espaces dédiés à l’ESS, permettant à différents publics de se rencontrer. C’est sans doute là que réside la particularité de La Caserne : faire cohabiter des activités qui, à première vue, n’ont pas grand-chose en commun. Une structure de l’ESS peut travailler avec le restaurant, un artisan avec l’auberge, une association proposer une animation aux groupes accueillis, tandis que les habitants peuvent venir participer à un atelier ou simplement profiter du lieu.
 

  • soirée d'inauguration de la Caserne
    Crédit photo La Caserne
  • jardin extérieur
    Crédit photo La Caserne

Une nouvelle pièce du quartier gare

La Caserne s’inscrit dans un quartier gare en pleine transformation. À l’échelle du projet « Grand Poitiers entre en gare », la Ville et Grand Poitiers travaillent notamment sur la cohabitation des usages, la renaturation et les mobilités. La nouvelle vocation de l’ancienne caserne participe à cette évolution en introduisant de nouvelles activités et en créant un lieu ouvert aux habitants.
De caserne de pompiers à lieu ressource pour l’ESS et les transitions, la Caserne change donc de fonction sans perdre son histoire. Sa nouvelle vocation repose désormais sur une idée simple : réunir au même endroit ceux qui entreprennent, expérimentent et font vivre le territoire, pour leur permettre de faire davantage ensemble.
 

L'aide régionale

Pour soutenir ce projet structurant inscrit au Contrat de Développement et de Transitions du Centre-Vienne et au CPER 2021-2027, la Région Nouvelle-Aquitaine mobilise 560 000 €, dont :

  • 360 000 € au titre du Contrat de Développement et de Transitions Centre-Vienne ;
  • 200 000 € au titre de la politique régionale en faveur des tiers-lieux.

 

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