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Au Mas d’Agenais, une nouvelle façon de vivre… ensemble
Modifié le mercredi 3 juin 2026
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Au Mas d’Agenais, dans le Lot-et-Garonne, une grande bâtisse du centre-bourg s’apprête à reprendre vie. Derrière ses murs chargés d’histoire, un projet inédit voit le jour : un habitat partagé destiné aux retraités, à mi-chemin entre logement individuel et vie collective. Une réponse concrète à un défi bien connu des territoires ruraux : bien vieillir sans rester seul.
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Ici, pas question de parler de résidence ou d’établissement. « Un habitat partagé, c’est bien un domicile », rappelle la coopérative Habitats des possibes(S'ouvre dans une nouvelle fenêtre) qui a accompagné la commune sur le projet. L’objectif est clair : permettre à chacun de conserver son indépendance tout en bénéficiant d’un cadre rassurant et convivial. Dans ce village où près d’un habitant sur trois a plus de 60 ans, et où beaucoup vivent seuls, l’initiative prend tout son sens. « Nous devons répondre à un double enjeu : lutter contre l’isolement et proposer des logements adaptés », insiste le maire Claude Lagarde.
Concrètement, la maison de l’îlot Saint-Patrick compte huit appartements de type T2, chacun équipé pour vivre de manière autonome. Mais la particularité du lieu se joue ailleurs : dans les espaces partagés. Une cuisine commune, un salon, un jardin… autant de lieux pensés pour favoriser les échanges, sans jamais les imposer.
Trouver le bon équilibre entre intimité et convivialité
Car ici, tout repose sur un équilibre subtil entre vie privée et vie collective. Un « chez moi, chez nous ». Une philosophie qui séduit de plus en plus de retraités en quête de lien social, sans renoncer à leur liberté. « L’idée d’habiter avec d’autres personnes tout en restant chez moi m’intéressait beaucoup », confie Nadine, future habitante. « Si j’ai envie de voir quelqu’un ou non, c’est mon choix. »
Pour d’autres, c’est la fin de la solitude qui prime. « Je ne serai plus seule. Si j’ai un problème, je sais que quelqu’un pourra m’aider. », souligne Chantal. Des témoignages qui illustrent une attente forte : rester autonome tout en étant entouré.
Un projet construit avec ses futurs habitants
L’originalité du projet tient aussi à sa méthode. Depuis 2022, les futurs habitants ont été associés à toutes les étapes : choix des aménagements, organisation des espaces, définition des règles de vie… « Les ateliers ont été concrets. Je me suis rendue compte que nous avions de nombreux points communs » raconte une participante.
Cette démarche participative permet de concevoir un lieu au plus près des besoins réels, mais aussi de créer dès le départ une dynamique collective. Une manière de faire qui change des projets classiques et qui favorise l’appropriation du lieu par ceux qui y vivront.
Un levier pour redynamiser le centre-bourg
Porté par la commune avec l’appui de l’association Territoires des possibles(S'ouvre dans une nouvelle fenêtre) et de la coopérative Habitats des possibles, le projet s’inscrit dans une stratégie plus large de revitalisation du centre-bourg. L’ancien site, qui accueillait autrefois diverses activités comme un ancien théâtre, dancing et salle de judo), a été entièrement réhabilité. Une salle associative, ouverte à tous les habitants, viendra compléter l’ensemble et renforcer les liens avec le reste du village. Un moyen aussi de faire de ce lieu un espace vivant et ouvert vers l’extérieur.
Un habitat partagé, c'est bien un domicileLa coopérative Habitats des possibles
Un modèle accessible et inspirant
Autre atout : des loyers accessibles, compris entre environ 170 et 330 euros par mois. Un point essentiel dans un territoire où les retraités disposent souvent de revenus modestes. Le projet mise aussi sur la qualité du bâti, avec une rénovation énergétique performante et des aménagements pensés pour s’adapter au vieillissement, sans stigmatiser.
Pour Florence Delisle-Errard, fondatrice d’Habitats des possibles, l’enjeu dépasse largement ce seul projet : « Penser collectif, qualitatif et abordable dans nos ruralités, c’est possible. » Au Mas d’Agenais, cette conviction prend aujourd’hui forme. Et pourrait bien inspirer d’autres territoires en quête de solutions pour bien vieillir… ensemble.
L'aide régionale
La Région a accompagné ce projet innovant en octroyant une aide à hauteur de 90 000 euros au bénéfice de la commune. Cette subvention a ainsi servi à la réhabilitation du presbytère en habitat inclusif de 8 logements sociaux communaux à destination d’un public retraité. Menée par les associations Territoires des Possibles et Habitat des Possibles, cette opération s’inscrit également dans le cadre de la revitalisation du centre-bourg. La Région Nouvelle-Aquitaine apporte son soutien aux territoires ruraux pour développer une offre d’habitat sur mesure et attractive, et ce, dans une dynamique de développement local, de lutte contre le mitage, et de consommation raisonnée du foncier.