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Le pari gagnant de l'îlot du Renard
Modifié le mardi 28 juillet 2026
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À Mauléon, labellisée Petite Cité de Caractère et village étape des Deux-Sèvres, un ancien îlot de bâtiments patrimoniaux vieillissants a laissé la place, depuis la mi-janvier, à un restaurant et deux logements conventionnés. Après six ans de réflexion et de travaux et près de 1,8 millions d'euros d'investissement, ce projet de redynamisation du centre-bourg commence à porter ses fruits.
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Sur les deux terrasses du restaurant l'Abadia(S'ouvre dans une nouvelle fenêtre), à l'ombre des parasols, il flotte comme un air de vacances. La vue panoramique sur l'abbaye fondée à la fin du XIème siècle et son église de la Trinité offre un vrai dépaysement et invite à la quiétude en plein cœur de Mauléon.
Quelques mois après son ouverture, ce projet de restaurant, porté par la mairie, affiche déjà une vraie réussite. Le pari était osé, mais aujourd'hui, ce lieu vient couronner une dynamique lancée il y a plusieurs années.
Dans la continuité de l’amélioration du centre
Le projet de l'îlot du Renard s'inscrit, en effet, dans la continuité des grands travaux menés lors des mandats précédents, qui avaient déjà permis la réhabilitation de la place de la mairie et l'ouverture d'un musée consacré à l'histoire de l'abbaye et du bocage. « Depuis deux mandats, nous avons orienté nos priorités vers l'amélioration du centre-ville, mais il nous fallait une locomotive commerciale pour attirer les touristes de passage, - nous sommes à 20 minutes du Puy du Fou -, et surtout redonner envie aux habitants de réinvestir le bourg », explique Denis Prisset, aujourd'hui maire de Mauléon, alors adjoint en charge du développement économique et du commerce local sous le mandat précédent.
Après cet effort porté sur les équipements publics, la municipalité a donc fait le choix, à partir de 2020, de s'attaquer à la dynamique commerciale : « La commune souffrait notamment d'un déficit en matière de restauration, la semaine comme le week-end. »
L'îlot du Renard, propriété de la collectivité, abritait autrefois l'ancien office de tourisme, quelques commerces et des toilettes publiques, mais les bâtiments étaient vieillissants et mal agencés. L'équipe municipale y a vu l'occasion de faire d'une pierre deux coups : réhabiliter le patrimoine communal tout en y engageant une dynamique dans le centre-ville avec la création d’un restaurant en partie basse et deux logements conventionnés de 70 m2 en partie haute.
Six ans de persévérance
Une opération qui n’a pas été un long fleuve tranquille. « Il a fallu être persévérant et surtout ne pas trop écouter certains sons de cloche disant que l’on ne trouverait jamais les financements et encore moins des restaurateurs disposés à s’installer ici. Mais on a tenu bon et on y a cru », souligne l'élu. La Mairie a su s’entourer de gens compétents, que ce soit l’architecte, l’équipe de maîtrise d’ouvrage ou encore les artisans. « Ce site est classé en site patrimonial remarquable, nous n’avions pas droit à l’erreur. » Une étude menée avec la CCI a aussi permis de bien cadrer les attentes du futur lieu : un lieu qui séduise autant la clientèle touristique de passage que la population locale, appelée à se l’approprier.
« Créer un lieu où l’on se sent bien »
Ce projet de rénovation représente un investissement de près de 1,8 million d'euros. À ce montant, il faut déduire 800 000 euros de subvention et notamment une de la Région de 233 000 euros au titre de sa politique de revitalisation des centres-bourgs.
Pour dénicher les futurs exploitants du restaurant, la Mairie a lancé très tôt un appel à candidatures. Sur quatre dossiers reçus, le choix s’est porté sur un jeune couple de trentenaires, Julien et Marie Campfort, originaires de Saint-Pierre-des-Échaubrognes, une commune située à seulement 8 km de Mauléon, qui avaient pour souhait, depuis plus de trois ans, de s’installer à leur compte dans le département. Pas issus du milieu de la restauration, mais passionnés de gastronomie et ayant eu quelques expériences dans des restaurants en France, ils ont su séduire par leur intérêt de revenir sur leur terre natale, mais aussi par l’aboutissement de leur candidature : carte proposée, philosophie du lieu, esthétique, et jusqu'au nom du restaurant déjà trouvé, Abadia, orthographe catalane du mot « abbaye ». « Ce projet cadrait parfaitement avec ce que nous recherchions : être au cœur d’une commune avec un potentiel de développement », précise Julien Campfort.
Intégrés au projet plus d'un an avant l'ouverture, Julien et Marie Campfort ont pu mettre leur patte sur l’aménagement de leur futur outil de travail. « Notamment sur l’aménagement de la cuisine et la décoration intérieure des trois salles. » Celles-ci, avec une capacité d’une cinquantaine de couverts, affichent des couleurs chaleureuses avec du mobilier soigneusement choisi, composé de tables en bois et de fauteuils en velours.
L'ambition du couple tient en une phrase : « Créer un lieu où l'on se sent bien et où l'on partage de bons moments autour d'une cuisine authentique. » Concrètement, il propose une cuisine traditionnelle à prix abordable, « 100 % faite maison, élaborée à partir de produits frais, locaux et de saison. La carte est volontairement réduite pour répondre à la saisonnalité et garantir la fraîcheur et la créativité. » Six mois après l'ouverture, le bilan est clair : « Nous sommes complets quasiment à chaque service », note Julien Campfort.
Un rôle fédérateur et de dynamique économique
Ouvert du mercredi au dimanche, avec un service de bar en journée et deux services de restauration, l'établissement joue pleinement son rôle fédérateur, où les gens aiment se retrouver, tout en impulsant une nouvelle dynamique économique. « Depuis l’ouverture du restaurant, nous recevons des demandes d'investisseurs, aussi bien pour l'habitat que pour le commerce du centre-bourg », observe le Maire.
Autre signe que l'effet locomotive espéré commence à opérer : plusieurs propriétaires privés se lancent à leur tour dans la réhabilitation de leurs bâtiments aux abords de l'îlot du Renard. C'est le cas d'un immeuble voisin, actuellement en cours de rénovation : « Il est prévu des logements dans les étages supérieurs, tandis que le rez-de-chaussée est réaménagé pour accueillir un commerce. Plusieurs commerces alentour ont, par ailleurs, réhabilité leur façade, avec une volonté affichée de monter en gamme », conclut Denis Prisset.
L'aide de la Région Nouvelle-Aquitaine
Pour accompagner la transformation de l'îlot du Renard, la Région Nouvelle-Aquitaine a mobilisé deux dispositifs complémentaires.
Elle a tout d'abord accordé une aide de 10 000 euros au titre du déficit d'opération, dans le cadre de l'Appel à manifestation d'intérêt (AMI) « Revitalisation des centres-villes et centres-bourgs ». Ce soutien permet de compenser une partie du déficit financier de projets de revitalisation dont l'équilibre économique est difficile à atteindre, comme c'est le cas pour cette opération menée par la commune de Mauléon.
La Région a également apporté un financement de 233 000 euros au titre du dispositif « Habitat en ruralité », destiné à soutenir la création de logements et le renouvellement de l'habitat dans les territoires ruraux. Cette aide a contribué à la réhabilitation de cet îlot stratégique en cœur de bourg, associant logements locatifs et activité économique.