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En Charente-Maritime, des agriculteurs bio misent sur le collectif

Modifié le lundi 2 novembre 2026

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En Charente-Maritime, quatre agriculteurs bio ont investi dans « un trieur » pour optimiser leurs cultures. Regroupés au sein d’une coopérative d’utilisation de matériel agricole, la Cuma Touttemps Bio, ils ont reçu le soutien financier de la Région.

deux agriculteurs devant leur matériel
Crédit photo Anthony Perrot

Comment séparer le bon grain de l'ivraie ? En Charente-Maritime, quatre agriculteurs ont acquis l'an dernier « un trieur » pour optimiser leurs cultures et gagner du temps ! Installée à Saint-Félix, une commune située dans le nord du département, cette impressionnante machine bardée de tuyaux, d'un élévateur et de convoyeurs à vis tamise les grains en fonction de leur taille et de leur forme, rondes ou allongées. Ce trieur – autrement appelé nettoyeur – peut ainsi dépoussiérer et calibrer les récoltes et futures semences essentielles à ces agriculteurs. Tous sont engagés « à 100% » en agriculture biologique et ont investi dans ce matériel commun par l’intermédiaire de la Cuma (Coopérative d'utilisation des matériels agricoles) Touttemps Bio, dont le siège social se trouve à Saint-Jean-d'Angély. Après une première campagne, leur avis se veut unanime : « Ça fonctionne bien ! On est très contents et notre trieur intéresse beaucoup de monde », assure Patrick Forget qui cultive des céréales, des légumes et élève des moutons depuis Saint-Félix. Avec cette seule machine, « nous avons augmenté notre productivité d'au moins 10% tout en sécurisant notre système cultural », embraye Frédéric Bessonnet qui a opté pour les porcs en complément de ses cultures.

hangar avec du matériels agricoles
Crédit photo Anthony Perrot

Le choix des cultures associées

Ce trieur a notamment permis à ces agriculteurs d'appliquer une recette vieille comme le monde : le mélange des cultures. Sur leurs terres sont désormais semées en même temps jusqu'à trois semences différentes. « Le trèfle peut par exemple être associé à une céréale (orge ou blé) et à une protéagineuse (féverole ou pois). Ces mélanges offrent de meilleurs rendements, mais encore fallait-il pouvoir séparer les graines après la récolte », résume Patrick Forget. « Cela permet une cohérence agronomique, les plantes ne sont pas faites pour la monoculture... Les champs sont plus réguliers, il y a moins de trous et de ratés : quand une plante peine dans un coin, l'autre prend le dessus et vice-versa », explique Frédéric Bessonnet. Les quatre adhérents de la Cuma Touttemps Bio ont reçu le soutien financier de la Région Nouvelle-Aquitaine pour acquérir ce trieur estimé à 66 600 euros. Le dispositif régional PCAE (plan de compétitivité et d’adaptation des exploitations agricoles) visant à accélérer la transition agroécologique a permis de diminuer la facture de plus d'un tiers. « Grâce à cette aide, nous avons pu l'acheter. Seuls, nous aurions eu des difficultés », estime Patrick Forget.

deux agriculteurs devant leur trieur
Crédit photo Anthony Perrot

Des récoltes mieux valorisées

Les cultures associées ont aussi l'avantage d'apporter plus d'azote dans les sols, par l'entremise des lentilles, pois ou féveroles. « Nous avons besoin de moins d'engrais », traduit Frédéric Bessonnet. Autre point positif : les agriculteurs bio livrent désormais leurs récoltes déjà triées. « Tout est calibré, propre, avec moins d'impuretés », souligne Patrick Forget. Les livraisons sont donc mieux rémunérées. Et rien ne se perd : les « impuretés » qui étaient autrefois « déclassées » et non rémunérées servent désormais à nourrir les porcs et moutons des agriculteurs. « Le travail que l'on fait est plus régulier, plus précis, plus minutieux », estime Patrick Forget. Gagnant-gagnant, aussi.

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