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CADET Ouest Creuse : sept ans de proximité au service des entreprises et de l'emploi

Modifié le mardi 22 septembre 2026

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Lancé en 2018 dans le sillage de la crise industrielle de La Souterraine, le CADET Ouest Creuse a refermé sept années d'accompagnement. Au-delà des aides mobilisées par la Région, le dispositif laisse au territoire une méthode de travail collective et un écosystème de confiance que les acteurs creusois entendent bien faire vivre.

Alain Rousset et Laurence Rouède lors de la visite d'un laboratoire
Crédit photo Yannick Pirot

Tout commence en 2017, lorsque la reprise de GMS, alors deuxième employeur industriel de la Creuse, par le groupe GMD s'accompagne du licenciement de 156 salariés, ramenant l'effectif du site, devenu LSI (La Souterraine Industrie), à 120 personnes. Face à cette déconvenue, la Région Nouvelle-Aquitaine fait, avec les élus locaux, un choix inédit afin de faciliter le retour d’une dynamique sur ce territoire : installer directement sur le terrain une ingénierie économique dédiée. En 2018, le CADET (Contrat néo-Aquitain de Développement de l'Emploi sur les Territoires) pose ses valises à La Souterraine, à deux pas de l'usine. Sa mission : identifier les besoins des entreprises, accompagner leurs projets et mobiliser de façon coordonnée les dispositifs régionaux, du Pays Sostranien au Grand Guéret, en passant par le Pays Dunois et Bénévent-Grand-Bourg.

 

Sept ans plus tard, le bilan présenté début septembre devant une soixantaine de participants, dont près de la moitié d'entrepreneurs, est éloquent : 100 % des entreprises industrielles du territoire ont été suivies, plus de 85 % accompagnées dans un projet de développement et 17 d'entre elles engagées dans le programme « Usine du Futur ». Le CADET a pris part à plus de 130 rencontres aux côtés des chefs d'entreprise. « Sur cette période, ce sont 653 emplois qui ont été créés, et 56 % des porteurs de projets que nous avons accompagnés n'avaient jamais rencontré la Région auparavant », souligne Aurélien Durand, chef de projet qui a sillonné le secteur et rencontré bon nombre d’acteurs économiques. Son rôle ? « Mettre tout l'écosystème autour de la table, apporter des repères dans la relation et la connaissance des dispositifs, puis discuter, beaucoup, et mettre en relation. »

plusieurs personnes devant des kakémonos et présentations
Crédit photo Yannick Pirot

Investissement, formation, transition : répondre aux besoins du terrain

Investissement, R&D, immobilier, recrutement, formation, transformation écologique : le dispositif a activé tous les leviers régionaux. À La Souterraine, l'implantation en 2022 du maroquinier de luxe Rioland(S'ouvre dans une nouvelle fenêtre) a créé 185 emplois, avec deux millions d'euros d'aide régionale à l'immobilier. « L'arrivée de Rioland est le plus bel exemple : en très peu de temps, l'entreprise a été mise en lien avec les bons interlocuteurs pour trouver un bâtiment et les financements nécessaires, salue Alain Rousset, président de la Région. Ça facilite les choses, et c'est du bonheur pour tout le monde. »
L'entreprise pharmaceutique Centre Lab(S'ouvre dans une nouvelle fenêtre), qui accueillait cette réunion de clôture, a évolué de 8 à 40 salariés et vise 80 postes : son extension de 12 millions d'euros a mobilisé 2,1 millions d'euros de la Région. La transition écologique n'est pas en reste, avec la future usine de granulés de bois Biosyl (S'ouvre dans une nouvelle fenêtre)(25 millions d'euros investis, 35 emplois directs). Côté attractivité des métiers et formation, le camion itinérant Indus'mobile (S'ouvre dans une nouvelle fenêtre)de l'UIMM a déjà sensibilisé 600 jeunes et demandeurs d'emploi en quatre mois, tandis que l'Office international de l'eau(S'ouvre dans une nouvelle fenêtre) modernise son offre pédagogique (400 000 euros de soutien régional, 500 stagiaires supplémentaires par an attendus). Le dispositif a aussi ouvert le champ de l'économie sociale et solidaire. Depuis 2022, le programme Émergence a accompagné 85 porteurs de projets.
 

des personnes en visite dans l'entrepôt
Crédit photo Yannick Pirot

Une méthode pour faire école : la « Team Creuse »

Le principal acquis dépasse pourtant les seuls financements. Dès 2019, le CADET a réuni au sein d'une « Team Creuse » l'ensemble des acteurs susceptibles de répondre à un entrepreneur : Région, État, intercommunalités, chambres consulaires, France Travail. Le principe est de partir du projet de l'entreprise pour construire une réponse coordonnée, sans multiplier les démarches. « L'allocation des moyens, financiers et surtout humains, démontre qu'il y a un modèle qui fonctionne : celui de la proximité, la capacité à bien connaître les entreprises et l'ensemble des acteurs, observe Philippe Daly, directeur général de la CCI de la Creuse. On parle souvent d'un écosystème de confiance. »

Pour Gaultier Malige, repreneur des entreprises industrielles A2C puis ACL 23, l'accompagnement a ainsi été décisif. « Je ne connaissais pas du tout le territoire quand je suis arrivé, confie-t-il. Le CADET m'a permis d'identifier tous les acteurs, de créer un réseau et de gagner beaucoup de temps. » C'est là, sans doute, l'héritage le plus durable : si le dispositif s'achève, la coopération, elle, demeure. « Une entreprise, c'est comme un être humain, il faut savoir l'accompagner sur la durée pour que ce soit pleinement efficace et pas seulement une simple aide ponctuelle », résume Alain Rousset.