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La Friche, lieu de tous les possibles
Modifié le mardi 26 mai 2026
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À Oloron-Sainte-Marie, un immeuble abandonné depuis deux décennies s’est mué en un tiers-lieu vivant, façonné avec et pour les habitants. Au croisement des énergies et des envies, La Friche bouillonne pour le plus grand bonheur des citoyens du Haut-Béarn.
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Depuis l’hôtel de ville jusqu’à La Friche(S'ouvre dans une nouvelle fenêtre), il n’y a que quelques minutes de marche. Un court trajet au cours duquel on enjambe les gaves d’Aspe et d’Ossau avant de remonter vers ce lieu abandonné durant 20 ans. Sur place, Marie-Lyse Bistue ne cesse de s’émerveiller du bâtiment en service depuis l’hiver dernier. « Ces piliers de bois des Pyrénées ont été écorcés par les enfants des écoles oloronaises », précise la maire lors de la déambulation. Un espace ouvert à tous et appartenant à tous, voilà qui pourrait définir ce nouveau tiers-lieu dont les habitants se sont rapidement emparés. Il faut dire que dès la genèse du projet, la population est intégrée dans le processus de co-construction.
Nous avons posé une question ouverte : que verriez-vous dans ce lieu ?Marie-Lyse Bistue, maire
Repéré comme un élément stratégique de par son emplacement central, l’ancien garage devenu magasin de meubles a laissé place à une friche au début des années 2000. Pour le faire renaître, la municipalité décide de donner la parole aux habitants. C’est ainsi que démarre en 2022 une grande consultation citoyenne pilotée notamment par Marie-Lyse Bistue, alors première adjointe au maire, en charge de la démocratie participative. « Nous avons posé une question ouverte : que verriez-vous dans ce lieu ? », se souvient l’élue. Surprise, plus de 1 000 réponses affluent vers la mairie, un taux remarquable pour une ville de 10 800 habitants. « Nous avons alors classé les réponses reçues par verbe d’action: manger, jouer, se former, écouter de la musique, chiller… j’ai même appris de nouveaux mots », sourit-t-elle.
Un projet de territoire
« Durant toute cette période de construction, l’enjeu a été de créer un lien de confiance avec les citoyens, avec une transparence instaurée tout au long du processus », contextualise Laurent Paris, directeur général des services (DGS) de la mairie. Pour cela, des assemblées, des ateliers, un comité de pilotage sont mis en place intégrant à chaque fois des élus, des techniciens et des citoyens. Une démarche poursuivie aujourd’hui jusque dans la gouvernance du lieu géré par l'association Les Amis de la Friche. Seul salarié de la structure, Marien connaît l’univers des tiers-lieux pour avoir œuvré auparavant à Darwin à Bordeaux. Rouage essentiel, il s’appuie sur une armée de bénévoles répartis dans les diverses commissions. « Pour l’instant, le lieu est en phase de démarrage mais nous avons énormément de demandes entrantes », précise le jeune homme.
Il faut dire que l’attente autour de la Friche est énorme. Le jour de l’inauguration, le 19 décembre dernier, l’équipe municipale a dû faire face à un véritable raz-de-marée. « Plus de 2 500 personnes étaient présentes, on ne pouvait plus avancer dans la rue », se rappelle madame la maire. Dans la fraîcheur de l’hiver, les gens découvrent un « lieu beau, brut et sobre, dans l’esprit scandinave », apprécie Laurent Paris. Confiée au cabinet Encore, basé à Auterrive en Béarn, l’architecture remplit de manière esthétique de multiples fonctions pour de multiples usages.Trait d’union entre deux quartiers, lieu de travail (un restaurant, deux kiosques gourmands, Radio Oloron(S'ouvre dans une nouvelle fenêtre), des échoppes éphémères…), endroit de divertissement, de réunion, de formation… chacun y vient pour ses propres raisons, mais tout le monde s’y retrouve, depuis les quatres coins de la Communauté de communes du Haut-Béarn(S'ouvre dans une nouvelle fenêtre). « C’est un projet de territoire, au-delà de notre seul commune », souligne l’élue.
Un brassage d’énergies
Le coût total de l'opération s’élève à 3,9 millions d’euros (dont une participation de 400 000 euros de la Région Nouvelle-Aquitaine), mais le bénéfice n’a pas de prix. « Il y a un formidable mélange des publics dans ce lieu hybride », se félicite le DGS. Après la période hivernale, consacrée à la découverte et à la mise en place, La Friche s’épanouit pleinement au printemps. De divers horizons, les visiteurs affluent, avec des attentes parfois divergentes. « Ce projet vise à favoriser le vivre-ensemble en attirant une diversité sociale large », estime Marien. Selon le salarié de l’association, l’objectif consiste « à fluidifier les flux et les organisations alors qu’il existe parfois des conflits d’usages ». Pour se régaler, pratiquer le yoga, danser lors de la guinguette du dimanche, participer à un atelier de bricolage, se réunir dans une des salles de formation… les raisons divergent et les publics convergent. « La semaine prochaine, nous accueillons le défilé des commerçants d’Oloron-Sainte-Marie, et ce matin j’ai reçu la demande de jeunes désireux de venir ici pour regarder les matchs de la Coupe du Monde de football cet été », cite le coordinateur.
Tout comme Oloron-Sainte-Marie se situe à la confluence des gaves, La Friche se présente comme un endroit inspirant pour recevoir le brassage d’énergies propice à la créativité. « C’est le lieu de tous les possibles, du renouveau, là où l’on sème les idées et où poussent les projets », résume Laurent Paris.
L'aide régionale
Dans le cadre la stratégie de revitalisation de la commune d'Oloron Sainte-Marie, l'ilot sur lequel se situe la friche Sésame/Remazeilles a été réhabilité afin de proposer un tiers-lieu dédié à l'innovation sociale. La participation financière de la Région Nouvelle-Aquitaine s'élève à 400 000 euros.