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Lestelle Café, un bar restaurant et bien plus encore
Modifié le lundi 8 juin 2026
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Au cœur de Lestelle-Bétharram, un immeuble longtemps laissé à l’abandon retrouve vie et devient le symbole d’un village qui refuse le déclin. Portée par une volonté politique affirmée, sa rénovation mêle commerce, tourisme et nouveaux usages pour revitaliser l’attractivité du territoire.
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Ce qui frappe immédiatement le visiteur en arrivant au bourg de Lestelle-Bétharram(S'ouvre dans une nouvelle fenêtre), c’est la diversité des commerces et services présents dans le village. Une église, une agence postale, une école avec une cinquantaine d'élèves, une antenne de l’Office de Tourisme, un cabinet médical, un salon de coiffure, une boulangerie, une épicerie et un café restaurant sont installés sur ou près de la place carrée au cœur de la bastide. « On a de la chance, on a tout dans ce petit village de 900 habitants », se réjouit Jean-Marie Berchon. Ce dynamisme commercial ne doit cependant rien au hasard. « Sans une forte volonté politique, nous n’aurions plus rien ici », tempère le maire de la commune.
Autrefois, les commerces étaient tous situés sur la route départementale. Les uns après les autres, ils ferment leurs portes. L’équipe municipale prend alors une décision importante, réimplanter une vie marchande au centre du village. Après l’acquisition d’un immeuble de la place, trois commerces s’installent en 2010 : l’épicerie, le salon de coiffure et la boulangerie. En 2021, les élus renouvellent l’opération en achetant un autre immeuble laissé à l’abandon. « En plein centre, cette friche faisait vraiment tâche » estime l’élu. Si jadis, un restaurant réputé accueillait les Lestellois, voilà plus de dix ans que le local était sans vie. «C’était le café du village, il manquait beaucoup ».
Un lieu de vie et d’histoire
Pour écrire un nouveau chapitre, un chantier à 1,3 million d’euros est entrepris, dont les deux tiers financés par des subventions. Pour soutenir le projet, la Région Nouvelle-Aquitaine participe à hauteur de 155 000 euros. Une opération qui rend le sourire à de nombreux locaux. « Je savais qu’on était attendus, mais pas à ce point », s’étonne encore Francis Coustet. Natif du village, le chef à repris le flambeau du café restaurant, avec sa femme Isabelle. Sa réputation, sa générosité, sa bonne humeur et ses talents culinaires attirent les clients de tout le pays de Nay et au-delà. « On a ouvert le 5 janvier et depuis, ça tourne très bien », se réjouit le restaurateur. « On refuse autant de monde qu’on en accepte », constate le patron du Lestelle-Café.
Au-delà d’un bar ou d’un restaurant, c’est avant tout un lieu de vie qui renaît ici. « Beaucoup de gens ont des souvenirs dans ces murs », explique Jean-Marie Berchon. Il ne croit pas si bien dire. Alors qu’il sert de guide pour la visite, une réunion de famille se tient dans le jardin terrasse situé à l’arrière du restaurant. L’un des participants échange quelques mots avec le maire. « Vous voyez cet anneau sur la façade ? C’est là que ma grand-mère attachait son âne lorsqu’elle venait ici ».
Une convergence des usages
La rénovation de l’immeuble ne se limite pas au Lestelle Café. À l’étage, le couple de restaurateurs exploite également quatre appartements meublés. Des logements de tourisme créés pour capter les visiteurs de passage sur la commune. « Nous sommes sur la voie du Piémont des chemins de Compostelle, sur la Véloroute sud, et à proximité du site classé du sanctuaire de Bétharram avec ses 15 chapelles », détaille l’élu. Preuve de cette activité touristique, une antenne de l’Office de Tourisme du Pays de Nay(S'ouvre dans une nouvelle fenêtre) a également pris place dans le nouveau bâtiment.
Enfin, un espace de coworking et une vaste salle complètent l’offre diverse générée par la rénovation des lieux. Ces deux volets sont gérés par l’association La Ruche. Côté coworking, un « open space » avec coin cuisine et deux bulles fermées permettent d’accueillir des personnes en télétravail. « Il y a de la demande pour ça », assure le maire. Côté salle, « elle peut être réservée par les associations et La Ruche y organise régulièrement des ateliers ».
Depuis chacun de ces espaces, on peut accéder au jardin fermé situé à l’arrière du restaurant. « C’est un peu le lieu de convergence de tous les usages car ce bâtiment, c’est un ensemble avec plusieurs destinations », souligne l’édile. C’est aussi le symbole d’une politique volontariste qui, lorsqu’elle est soutenue par l’ensemble des pouvoirs publics, revitalise tout un village. « Si on n’avait rien fait, nous n’aurions plus un seul commerce », Jean-Marie Berchon en est convaincu. Mais c’est sans compter sur le caractère béarnais peu enclin à baisser les bras et à accepter la fatalité.
L'aide régionale
Pour la création du tiers-lieu, la commune a été accompagnée pendant 6 mois par La Coopérative Tiers-Lieux(S'ouvre dans une nouvelle fenêtre) pour aider à la constitution d'un collectif. Suite à cet accompagnement, l'association La Ruche a été créée. Leur projet est de créer et d'animer l'espace de travail partagé, afin d'y proposer un lieu qui puisse s'adresser aux travailleurs indépendants, aux télétravailleurs, aux habitants, etc. Une candidature a été déposée à l'AMI Tiers-Lieux de la Région Nouvelle-Aquitaine(S'ouvre dans une nouvelle fenêtre).
Le montant des dépenses est estimé à près de 1,3 million d'euros HT. Les dépenses considérées comme éligibles sont les suivantes : travaux du café-restaurant, travaux du tiers-lieu, mobilier et équipements du tiers-lieu, frais de maîtrise d'oeuvre et études du café-restaurant, frais de maîtrise d'oeuvre et études du tiers-lieu.
Dans le cadre du Contrat de Développement et de Transitions 2023-2025 Montagne Béarnaise et conformément au cadre de la politique contractuelle, il est proposé pour le projet de réhabilitation du "Lestelle-Café" une intervention régionale de 155 005 euros sur une dépense éligible de 1 033 369 euros, soit 15%.