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Le Lionbot de la Région Nouvelle-Aquitaine

Document stratégique

Diagnostic territorial de la Charente Limousine

Dans le cadre d’une politique territoriale solidaire et co-construite, la Région propose de réaliser, directement par ses services ou en collaboration avec ses partenaires, des diagnostics territoriaux qu’elle partage avec les acteurs concernés pour mettre en évidence la capacité des territoires à se développer et à capitaliser sur ce potentiel.

Dynamiques du tissu économique, attractivité, niveau de cohésion sociale, niveau de formation de sa population, accessibilité aux services de la vie courante… tous ces éléments sont analysés pour aboutir à une stratégie de développement et un plan d’actions adaptés aux spécificités locales.
Étude réalisée par le Pôle DATAR - Direction de l'intelligence territoriale et de la prospective de la Région Nouvelle-Aquitaine.

Le territoire de contractualisation de la Charente Limousine se situe au nord-est du département de la Charente entre l’agglomération d’Angoulême et les communautés urbaines de Limoges et Grand Poitiers, à proximité du pôle haut-viennois de Saint-Junien. Il correspond au périmètre de la communauté de communes de Charente Limousine, issu de la fusion, en 2017, de la communauté de communes du Confolentais et de la communauté de communes de Haute Charente. En 2015, il compte 35 800 habitants et 58 communes.

Ce territoire rural est structuré autour de trois pôles d’emploi, celui de Confolens (2300 emplois), de Terres-de-Haute-Charente(1660 emplois, commune nouvelle en 2019)et de Chasseneuil-sur-Bonnieure (1430 emplois). Ces derniers concentrent 27% de la population de ce territoire et 45% des emplois. Le territoire bénéficie d’infrastructures de transport structurantes: il est traversé par la RN141 qui fait partie de l’axe centre Europe Atlantique et le relie à Angoulême et Bordeaux, Saint-Junien et Limoges, ainsi que la ligne TER Angoulême-Limoges (en partie fermée à la circulation ferroviaire depuis mars 2018). Confolens, principal pôle du territoire, est à l’écart de ces axes. A la croisée de routes départementales, il est à 1h d’Angoulême et de Limoges, 1h20 de Poitiers.

Un modèle de développement de type « productif » en mutation

La Charente Limousine dispose d’un modèle de développement de type « productif » mis en évidence par la surreprésentation des revenus productifs exportateurs dans son processus de captation de revenus en provenance de l’extérieur. Ce modèle pourrait laisser penser qu’il dispose de modalités de fonctionnement socio-économique très spécialisées. La réalité est en fait plus nuancée: le modèle semble en mutation, à la fois en voie de socialisation et de diversification. En effet, le levier productif connaît une trajectoire défavorable sur ce territoire,probablement à l’origine d’une détérioration de la situation sociale. L’accroissement des transferts sociaux qu’engendre ces difficultés, ainsi que le poids croissant des pensions de retraite dans le processus de captation de revenus du fait d’un vieillissement accentué de la population rendent le développement du territoire de plus en plus dépendant des mécanismes nationaux de redistribution. En parallèle, une diversification du modèle de développement semble à l’œuvre, au travers de la mobilisation de revenus pendulaires significatifs.

Ces revenus, « importés » par les actifs qui résident sur le territoire et travaillent hors de son périmètre, bien qu’ils ne soient pas significativement surreprésentés, constituent un important levier de captation complémentaire.Au final,le modèle de développement induit actuellement une captation de richesses par habitant d’une intensité proche de celle des territoires de contractualisation ruraux. Mais la propension à consommer localement apparait moindre que dans ces derniers, ce qui suggère un phénomène d’évasion commerciale vers les pôles extérieurs d’Angoulême, Saint-Junien et Limoges. L’économie présentielle, qui répond aux besoins de la population présente sur le territoire (résidente ou touristique),est ainsi insuffisamment stimulée comme en atteste la densité d’emplois présentiels relativement faible (7,4 emplois présentiels privés pour 100 habitants contre 7,8 pour les territoires ruraux de Nouvelle-Aquitaine). Elle est également freinée par la déprise démographique prononcée sur le territoire et le niveau de vie relativement bas de la population.

Une déprise économique qui s’accentue avec la crise

Entre 1975 et 2014,le poids de la sphère présentielle s’est fortement accru.Alors qu’elle représentait 34,5 % des emplois en 1975, elle en concentre 55,1 % en 2014. Ce bond s’explique surtout par l’effondrement des capacités productives concurrentielles du territoire,historiquement fortes, et, pour une part moindre, par une croissance modérée des emplois présentiels. La progression des emplois présentiels n’a pas permis de compenser les lourdes pertes de la sphère productive : au total, le territoire a perdu 16% de ses emplois (-2200 emplois), baisse d’une intensité plus forte qu’en moyenne dans les territoires ruraux de Nouvelle-Aquitaine.Malgré la place croissante de la sphère présentielle, le tissu économique du territoire conserve une forte orientation productive : 44,9% des emplois relèvent de la sphère productive contre 34,1% en province en 2014.

Ainsi, l’économie locale se caractérise par des spécialisations très marquées dans des activités relevant de cette sphère, aux côtés d’une seule spécialisation présentielle, l’hébergement médico-social et action sociale. Trois secteurs industriels ressortent particulièrement, l’industrie bois-papier-imprimerie,la fabrication d'autres produits minéraux non métalliques (la tuilerie briqueterie est historiquement ancrée sur le territoire) ainsi que la fabrication d’équipements électriques. Le secteur de la métallurgie est également plus représenté en Charente Limousine qu’en province.L’agriculture-sylviculture-pêche spécialise aussi le tissu économique de ce territoire rural : dominée par l’élevage bovin, elle concentre 13,5 % de l’emploi de Charente limousine.Le vieillissement des agriculteurs exploitants la fragilise et alerte sur la question de la transmission des exploitations : en 2015, 62 % des exploitants ont50 ans ou plus, soit 10 points de plus que la moyenne régionale.

Sur la période récente (2008-2016),la Charente Limousine a connu des pertes d’emploi salarié privé très marquées(-13,1 %, soit près de 800 emplois). Plus de la moitié de ces pertes résultent d’un effet structurel: si chacun des secteurs d’activité qui composent le tissu économique local avaient évolué comme au niveau national, le territoire n’aurait perdu que 7,1 % de ses emplois salariés.Ainsi l’effet local, qui recouvre les pertes restantes,est particulièrement négatif et interroge la structuration de l’écosystème local,la capacité des entreprises à s’inscrire dans des alliances et l’innovation, plus largement la capacité des acteurs institutionnels et privés à se coordonner sur le territoire.

Les performances économiques du territoire tant sur le long terme que sur le court terme montrent une réelle fragilisation de ses forces productives concurrentielles non compensée par la dynamique de l’emploi présentiel,marquée par une progression limitée sur longue période et un repli sur la période récente. Ce manque de vitalité est corroboré par la dynamique du tissu d’entreprises et sa faible capacité de renouvellement, illustrée par la faiblesse de la dynamique de création d’établissements et par l’ancienneté des entreprises.

Une situation sociale très dégradée

Le niveau de revenu des ménages est sensiblement inférieur aux moyennes des territoires ruraux de Nouvelle-Aquitaine, de la région et de la France de province, quelle que soit la catégorie de ménages, des plus démunis aux plus aisés. Le territoire affiche un taux de pauvreté très élevé (18,5 % en 2015), supérieur à la majorité des EPCI qui l’entourent. Il fait partie des territoires de contractualisation néo-aquitains les plus touchés par la pauvreté. Le taux de chômage est aussi élevé qu’en Nouvelle-Aquitaine et a davantage progressé entre 2010et 2015 que dans les territoires de référence.Par ailleurs, le niveau de qualification de la population est sensiblement inférieur à celui de la région, de la France de province mais aussi des territoires ruraux de Nouvelle-Aquitaine. Il est aussi moindre qu’en moyenne dans les territoires ruraux néo-aquitains. La population non titulaire d’un diplôme qualifiant est très nombreuse, à l’inverse des diplômés de l’enseignement supérieur, peu nombreux. Ce constat touche toutes les tranches d’âge, y compris les jeunes.

Un territoire qui continue de perdre des habitants

La dynamique démographique du territoire s’inscrit dans une longue trajectoire de décroissance (1968-2014). Il a subi une déprise démographique, équivalente à la moyenne des territoires ruraux, jusqu’au début des années 2000. Mais contrairement à ces derniers qui ont connu une embellie entre 1999 et 2009 et une stabilisation depuis, la Charente limousine enregistre de nouvelles pertes de population entre 2009 et 2014, malgré une stabilisation de son nombre d’habitants entre 1999 et 2009. Les pertes de population résultent d’un déficit naturel qui ne cesse de gagner en intensité et d’un solde migratoire qui n’est positif que depuis les années 2000, témoignant d’une attractivité récente et limitée. Le déficit d’attractivité sur longue période engendre un vieillissement très prononcé de la population qui devrait fortement s’accentuer à l’avenir en raison de la surreprésentation notable des 45 59 ans,dans la population du territoire, qui constitueront les retraités de demain.Ainsi la déprise démographique et le vieillissement de la population ne permettent plus d’assurer le renouvellement de la population active, qui décroît légèrement.L’importance des logements vacants, l’ancienneté du parc de logement, la faiblesse de l’offre de logements locatifs ainsi qu’un niveau d’équipement restreint(dans toutes les gammes) participent à expliquer le manque d’attractivité démographique du territoire.

La déprise démographique et la situation sociale dégradée du territoire ne sont pas de nature à stimuler le développement de l’économie présentielle et inscrivent le territoire dans une trajectoire socio-économique peu favorable.

Des pistes d'enjeux

Le modèle de développement de la Charente Limousine apparaît peu porteur en raison des difficultés rencontrées par le levier productif concurrentiel et d’une dépendance croissante aux mécanismes de redistribution (revenus sociaux et pensions de retraite). La consolidation du levier productif, point «fort» du territoire, apparait essentielle et pourrait passer par la prise en compte de la transition énergétique et écologique. Par exemple, le positionnement du territoire entre trois grands pôles urbains peut constituer un atout pour développer des circuits courts. Des marges de manœuvre résident également dans le renforcement de l’écosystème local afin de favoriser les synergies entre acteurs.

La diversification des revenus captés semble possible au travers du développement des revenus touristiques et des revenus pendulaires.Ces derniers, déjà conséquents, représentent un levier intéressant pour dynamiser l’économie territoriale. L’activation de ce levier doit cependant s’accompagner du développement des conditions d’une mobilité durable, pour réduire limpact en termes de pollution et les conséquences sociales du renchérissement du prix des carburants. Le développement touristique de la Charente Limousine, aujourd’hui embryonnaire, s’appuie sur des capacités d’hébergement marchandes comme non marchandes restreintes. Il s’appuie sur le patrimoine architectural et culturel du territoire, ses paysages, ses savoir-faire et le sport de pleine nature.

Le développement de l’économie présentielle est à penser dans le cadre d’une stratégie d’attractivité résidentielle renouvelée. Elle doit être dirigée de façon préférentielle vers des actifs qualifiés et jeunes pour enrayer le vieillissement de la population et le déclin de la population active.

Le développement des activités présentielles passe aussi par le soutien de la consommation locale. La propension à consommer localement étant actuellement réduite sur le territoire, il s’agit de limiter l’évasion commerciale. Cela suppose de consolider les centralités du territoire et de développer les équipements qui aujourd’hui semblent faire défaut, notamment dans les domaines du commerce, de la santé et des sports-loisirs-culture.Le développement des activités productives et présentielles sur le territoire passe enfin par une anticipation des besoins en compétence, un accompagnement de l’adaptation des compétences, la montée en qualification de la population et son insertion professionnelle. Cet enjeu est d’autant plus important en Charente Limousine que la main d’œuvre y est réduite et très peu qualifiée, y compris chez les jeunes

Poids des revenus productifs et sociaux captés par le territoire - 1 - Charente Limousine
Poids des revenus productifs et sociaux captés par le territoire - 1 - Charente Limousine
Poids des revenus productifs et sociaux captés par le territoire - 2  - Charente Limousine
Poids des revenus productifs et sociaux captés par le territoire - 2 - Charente Limousine
Sphère présentielle et dynamique de l'emploi - Charente Limousine
Sphère présentielle et dynamique de l'emploi - Charente Limousine
Démographie - Charente Limousine
Démographie - Charente Limousine
Niveau de vie médian des ménages - Charente Limousine
Niveau de vie médian des ménages - Charente Limousine
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